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Surpopulation carcérale : le ministre Samuel Mbemba Kabuya évoque un « problème mondial »

Prison du cinquantenaire de Bandundu

S'exprimant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre des Droits humains Samuel Mbemba Kabuya est revenu sur les conditions de détention dans les prisons congolaises, régulièrement décrites comme marquées par la surpopulation, la malnutrition et l'absence de soins médicaux.

Un « problème que l'on trouve dans tout le pays du monde »

Interrogé sur le rôle concret de son ministère dans le suivi des conditions de détention, le ministre a d'abord relativisé le constat de délaissement, présentant l'engorgement carcéral comme un phénomène mondial. Il a cité l'exemple de la Belgique, qui aurait envisagé de louer une prison aux Pays-Bas pour faire face à une problématique similaire. Selon lui, le gouvernement congolais travaille actuellement à la construction de nouveaux établissements pénitentiaires, destinés à accueillir aussi bien les condamnés que les détenus préventifs.

Un état des lieux réalisé mais non publié

Sur l'existence d'un état des lieux chiffré et récent des conditions carcérales dans les principales prisons du pays, Makala, Ndolo, Kasapa notamment, Samuel Mbemba a confirmé qu'un tel travail avait été mené. Il rappelle qu'en septembre 2024, alors vice-ministre de la Justice, il avait été chargé par le président de la République de soumettre un état des lieux national des établissements pénitentiaires, à la suite d'une tentative d'évasion à la prison centrale de Makala. C'est sur cette base, précise-t-il, que le gouvernement s'active aujourd'hui à la construction de nouveaux établissements. Le ministre confirme que ce rapport existe et peut être publié, s'engageant à en discuter avec le ministre d'État, garde des Sceaux.

Décès en détention : un phénomène reconnu mais non quantifié

Interrogé sur le nombre de décès en détention liés à l'absence de soins ou de nourriture depuis sa prise de fonction, le ministre a d'abord relativisé la question en rappelant que des décès surviennent également en dehors du milieu carcéral. Il assure que le gouvernement autorise systématiquement le transfert des détenus malades vers des lieux de soins dès qu'un signalement est fait, avant de nuancer aussitôt : « Pas toujours, monsieur. Pas toujours. »

Il reconnaît l'existence de cas où des détenus, atteints de pathologies incompatibles avec les conditions de détention, ne sont pas signalés comme malades à temps, ce qui peut conduire à des décès. Interrogé sur un chiffre précis, il indique ne pas disposer de cette donnée, tout en affirmant que l'essentiel est fait pour que les malades soient pris en charge, d'abord au sein de la prison, puis transférés vers un centre de soins en cas d'échec.