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Augustin Kabuya: « Nous sommes dans un régime de coalition, pas dans un régime de l’UDPS »

Augustin Kabuya

Alors que le mandat de l’actuel président de la République, Félix Tshisekedi, se dirige vers son terme au regard des dispositions de l’actuelle Constitution, et à deux ans de la fin de son mandat, sur fond de campagne en faveur d’un changement de la Constitution, le secrétaire général et président a.i. de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), Augustin Kabuya, a rejeté l’idée selon laquelle la République démocratique du Congo est dirigée exclusivement sous un « régime de l’UDPS » sa famille politique et Félix Tshisekedi à la tête de l’État.

S’exprimant vendredi 7 août lors d’une matinée politique organisée au siège du parti à Kinshasa, le député national Augustin Kabuya a affirmé que la configuration actuelle des institutions découle d’une coalition politique et des dispositions constitutionnelles, qui ne permettent pas à un seul parti de contrôler l’ensemble des leviers de l’État. Le dirigeant de l’UDPS estime qu’une telle situation n’est pas conforme au fonctionnement institutionnel actuel du pays.

« Pour que j’accepte que ce soit le régime de l’UDPS, il faudrait que tous les animateurs des institutions acceptent de céder des postes à l’UDPS. Comme ça, je serai d’accord. Nous sommes dans une coalition. Cette Constitution ne peut pas permettre à un seul parti politique de mettre en place son propre organigramme pour gérer le pays, c’est pratiquement impossible », a-t-il déclaré devant les militants, ainsi que d’autres cadres et membres du parti.

Pour étayer son argumentaire, Augustin Kabuya, qui fut également informateur après la réélection de Félix Tshisekedi, s’est référé à l’article 78 de la Constitution, qui encadre notamment la désignation du Premier ministre en fonction de la majorité parlementaire.

« La Constitution, déjà dans son article 78, demande déjà à un président élu de nommer un informateur pour identifier pour lui la majorité au sein du Parlement. C’est un problème déjà », a-t-il ajouté dans son intervention.

Selon lui, cette disposition constitutionnelle démontre que le pouvoir institutionnel ne peut être présenté comme relevant exclusivement de l’UDPS. Le président a.i. de l’UDPS s’est également insurgé contre les critiques formulées dans certains médias à l’égard de son parti. Il estime que les détracteurs de l’UDPS attribuent à tort au parti la responsabilité de décisions prises par des institutions dont tous les animateurs ne sont pas issus de ses rangs. Augustin Kabuya a insisté sur les limites imposées par la Constitution dans l’exercice du pouvoir.

« Même quand je vois les gens passer sur des plateaux de télévision dire n’importe quoi, raconter des choses, “l’UDPS a échoué”, non. Si tu n’étais pas né intelligent, demande aux gens et ils te diront : la Constitution met en place les limites des gens dans la manière de travailler. La Constitution ne dit pas que l’UDPS va tout prendre, non. Qu’on ne se voile pas la face », a-t-il déclaré

Il a notamment appelé à tenir compte de la composition des différentes institutions avant d’attribuer systématiquement leurs actions ou leurs résultats à l’UDPS seule. Augustin Kabuya estime enfin que le discours présentant le pouvoir actuel comme celui de l’UDPS est également entretenu par certains commentateurs et, selon lui, par des membres du parti eux-mêmes.

« Telles que les institutions sont là, les gens savent très bien qu’ici ce n’est pas un membre de l’UDPS. Mais comme l’UDPS leur donne parfois envie de se gratter, ils veulent faire porter à l’UDPS ce chapeau-là. C’est à cause de vous autres aussi. “Oh, le mandat, le régime de l’UDPS”, c’est vous-mêmes, les prédicateurs de ces choses. C’est vous : “Oh, notre régime de l’UDPS”. Non ! Nous sommes dans un régime de coalition », a-t-il affirmé dans son discours.

Réélu à la tête du pays à l’issue de l’élection présidentielle de décembre 2023, le second et dernier mandat de Félix Tshisekedi est censé arriver à son terme en 2028, conformément aux dispositions de l’actuelle Constitution. L’organisation de nouvelles élections présidentielles est prévue cette année-là, avec une cérémonie de remise et reprise attendue en janvier 2029, marquant ainsi la fin de deux mandats, soit dix années à la tête de la République démocratique du Congo, de 2019 à 2029.

La déclaration d’Augustin Kabuya intervient dans un contexte politique marqué par des débats autour de la gouvernance du pays. Depuis plusieurs mois, la question d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution alimente les discussions au sein de la classe politique congolaise. Les partisans de cette démarche estiment qu’une réforme pourrait permettre d’adapter certaines dispositions de la Loi fondamentale aux réalités actuelles du pays, tandis que ses opposants y voient notamment un risque de remise en cause des équilibres institutionnels, voire une démarche susceptible de permettre à l’actuel chef de l’État de briguer un nouveau mandat.

Cette intervention intervient également dans un contexte marqué par l’engagement de Félix Tshisekedi en faveur de la convocation d’un dialogue national. Cette démarche s’inscrit dans un environnement sociopolitique caractérisé par la recherche d’un consensus face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, où Kinshasa accuse notamment le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.

Clément MUAMBA

 


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