Ville morte : lorsque le district de la Tshangu respire 

Tshangu_Debonhomme
Tshangu_Debonhomme

La ville de Kinshasa respire cet avant-midi, à la suite du mot d’ordre donné par l’opposition, qui a appelé à une journée ville morte, ce mercredi 3 juin, pour protester contre le projet de changement de Constitution.

Au district de la Tshangu, le plus peuplé de la capitale, la réalité est pour le moins étonnante. Connu pour sa promiscuité des passants et des automobiles en raison d’une régulation défaillante, ce coin de la ville reste clairsemé jusqu’au-delà de 9H00.

À son entrée, à Pont Matete dans la commune éponyme, un escadron de policiers rode pour y dissuader tout mouvement hostile. Le boulevard Lumumba, qui débouche sur l’aéroport international de N'djili et plus loin sur la frontière du Grand Bandundu, donne une circulation fluide.

Aux flancs gauche et droit de cette grande artère de Kinshasa, presque tous les magasins ont mis la clé sous le paillasson, des vendeurs observant la situation avec un œil vigilant. Des arrêts de bus généralement pleins de population sont particulièrement timides cet avant-midi, sur l'axe Pont-Matete- quartier 1 dans les communes de N'djili et Masina.

Quelques militants des partis de l’opposition observent au regard des nombreux policiers et militaires déployés sur le long du boulevard Lumumba et sur plusieurs autres artères principales.

À Limete, seuls ronronnements des rares véhicules se font entendre. Pas de bouchon comme à l’accoutumée, Actualite.cd, qui a fait le tour de Kinshasa, a mis environ cinq minutes pour quitter le quartier 1 à la première rue Limete. Un tel exploit n’arrive presque jamais.

Entre Matete et Lemba, notre reporter a aperçu un groupuscule de jeunes se réclamant de la force du progrès, un gang affilié à l’UDPS. Sans menace, ils encourageaient les conducteurs de taxis à faire leur travail sans crainte, assurant que la journée est bien ouvrable.  Sous la passerelle de Limete Saint-Raphaël, une meute de motocyclistes est passée sur le boulevard, clignotant à maintes reprises pour lancer le message d’une journée comme les autres.

Samyr LUKOMBO