RDC : Sesanga rappelle à la majorité que la Constitution n'appartient pas au camp qui gouverne

La Constitution de la RDC/Ph. droits tiers

L’ancien député Delly Sesanga a pris la parole ce lundi lors du Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala pour s'opposer au projet de changement constitutionnel porté par la majorité présidentielle.

Sur le plan juridique, Sesanga a contesté la légitimité du Parlement actuel à modifier la Constitution. Les députés élus en 2023 ont reçu un mandat législatif ordinaire, a-t-il soutenu, et non celui de réécrire la loi fondamentale. Il a rappelé que la Constitution de 2006 tire sa légitimité de son caractère inclusif, fruit d'un processus de négociation entre toutes les parties au conflit congolais.

Sur le plan historique, il a indiqué que la limitation des mandats présidentiels n'avait pas été portée par les grandes formations politiques de la transition, le MLC et le PPRD auraient alors plaidé pour des mandats indéfiniment renouvelables, mais par l'opposition non armée et la société civile. Il a cité à cet égard une intervention parlementaire attribuée à un de ses collègues, qui estimait qu'un pays comme la RDC ne pouvait se permettre de laisser un dirigeant « tricher indéfiniment ».

Sur le plan financier, Sesanga a évoqué 13,65 milliards de dollars dépensés au titre de la sécurité nationale entre 2019 et 2025, dont les conditions de passation des marchés n'auraient jamais été élucidées. Pour lui, le constitutionnel vise avant tout à éviter de rendre compte de cette gestion. La défense de la Constitution est, selon ses termes, une lutte pour que l'argent public soit contrôlé et que nul ne soit au-dessus de la loi.