En RDC, « la répression actuelle rappelle de manière inquiétante l’ère Joseph Kabila », déplore HRW qui appelle à la fin des arrestations et détentions arbitraires

Arrestations manifestants anti-insécurité à Kisangani
Arrestations manifestants anti-insécurité à Kisangani

Lors de sa visite du 17 au 21 mai 2026 à Kinshasa, capitale de la RDC, Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch a exhorté les hauts responsables congolais à respecter la liberté d’expression, à mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires ainsi qu’à garantir l’obligation de rendre des comptes pour les abus commis. Cette visite s’est déroulée dans un contexte marqué par l’occupation de l’Est de la RDC par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, mais aussi par une vague de répression visant des journalistes, des activistes et des membres de l’opposition politique, ainsi que par le recours renouvelé à des sites de détention secrets dans la capitale congolaise. Ce tableau sombre rappelle, d’après cette organisation, l’ère Kabila.

« La répression actuelle en RD Congo rappelle de manière inquiétante l’ère Joseph Kabila, de nombreux activistes congolais et opposants politiques vivant dans la crainte de représailles de la part des autorités simplement pour avoir exprimé leur opinion. Human Rights Watch craint que les restrictions de la liberté d’expression et des critiques envers des responsables ne débouchent sur une répression plus large », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch dans un communiqué.

HRW indique que son directeur exécutif a rencontré des hauts responsables gouvernementaux, notamment la Première ministre Judith Suminwa, ainsi que les ministres de la Défense, de la Communication et des Médias, et de la Justice. Il a également rencontré des victimes de violations des droits humains et leurs proches, des dirigeants de la société civile et des chefs religieux, des activistes des droits humains, des membres de la communauté banyamulenge (une minorité tutsie congolaise originaire de l’est de la RD Congo), des membres de partis politiques d’opposition et des diplomates étrangers.

Cette visite en République démocratique du Congo fait suite à la publication, jeudi 14 mai, d’un rapport de Human Rights Watch (HRW) sur la situation sécuritaire et humanitaire à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, après le retrait de la rébellion de l’AFC/M23. En réaction, le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo-AFC/M23 s’est montré critique à l’égard de ce rapport, affirmant qu’il suscite de sérieuses interrogations quant à sa crédibilité, son impartialité et son objectivité.

« Nous sommes des civils ! », tel est l’intitulé du nouveau rapport de Human Rights Watch dans lequel cette organisation internationale de défense des droits humains revient longuement sur les meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par la rébellion de l’AFC/M23 et les forces rwandaises lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.

Selon ce rapport parvenu à ACTUALITE.CD, le groupe armé M23 et les Forces rwandaises de défense (Rwanda Defence Force, RDF) ont commis de nombreuses violations graves du droit international humanitaire, dont plusieurs constituent des crimes de guerre, lors de leur prise et occupation de la ville d’Uvira entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.

Le document rappelle également qu’Uvira est tombée aux mains du M23 et des forces rwandaises quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix négocié par les États-Unis entre le Rwanda et la RDC, un accord qui aurait, selon le rapport, favorisé le retrait soudain de ces forces un mois plus tard.

Clément MUAMBA