Réforme constitutionnelle : l’UDPS/Tshisekedi accélère son offensive, Augustin Kabuya révèle que la future Constitution devra s’appuyer sur les acquis et le projet rédigé de la Conférence nationale souveraine

Augustin Kabuya
Augustin Kabuya, SG de l'UDPS

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), parti présidentiel veut avancer résolument dans sa démarche visant la réforme constitutionnelle, alors que le second et dernier mandat de son chef de file, Félix Tshisekedi, est censé se terminer dans deux ans, soit en décembre 2028. Si auparavant le discours semblait voilé, le parti présidentiel ne se voile plus la face et continue de réaffirmer sa position de doter la République démocratique du Congo d’une nouvelle Constitution.

Au cours d’une matinée politique animée dimanche 17 mai 2026 au siège du parti, en présence des cadres et militants, Augustin Kabuya chef du parti présidentiel, a indiqué que la future réforme constitutionnelle devrait s’appuyer sur les acquis de la Conférence nationale souveraine de 1992. Il estime que ce texte, élaboré dans un contexte de lutte démocratique, peut servir de base pour construire une Constitution adaptée aux enjeux contemporains du pays.

"Pour nous l'Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), nous avions dit ceci l'actuelle Constitution, il faut la changer, et puis pour ne pas apparaître comme obstacle nous avions dit ceci : les gens sont morts dans ce pays le 16 février 1992 pour la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et pour honorer leurs mémoires, il fallait prendre le projet rédigé déjà pour actualiser ça en rapport avec le contexte actuel", a déclaré le député national Augustin Kabuya lors de son intervention. 

L’élu de la circonscription électorale de Mont-Amba lors des dernières élections législatives nationales et secrétaire général du parti présidentiel a insisté sur la portée historique de cette démarche, évoquant le sacrifice des militants et citoyens tombés lors des événements du 16 février 1992 pour défendre la démocratie et la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS).

Revenant sur les critiques de certains responsables religieux, notamment Fridolin Ambongo Besungu et Donatien Nshole, Augustin Kabuya a rappelé que la Conférence nationale souveraine avait été conduite par Laurent Monsengwo Pasinya, une éminente figure de l’Église catholique.

"Pourquoi nous disons celà ? Vous avez vu nos frères Fridolin Ambongo et Donatien Nshole, ils ont dit ceci pas question et nous nous avons dit les travaux de la Conférence Nationale souveraine étaient dirigés par Laurent Monsengo Un Évêque catholique en l'occurrence Monseigneur Mosengo, nous ne pouvons pas cracher sur la mémoire de Mosengo et de tous nos Martyrs.  Nous allons travailer sur la Constitution de 1992 qui a été fait à la Conférence Nationale souveraine, pour sa réactualisation en conformité avec les réalités actuelles", a soutenu Augustin Kabuya, chef du parti présidentiel. 

Par ailleurs, Augustin Kabuya a indiqué que la démarche visant à promouvoir une réforme de la Constitution congolaise est désormais assumée publiquement par le parti présidentiel. Le responsable politique a expliqué que cette initiative remonte à plusieurs mois, rappelant qu’une note circulaire avait été adressée dès octobre 2024 aux structures du parti à travers le pays afin d’ouvrir les discussions sur cette question.

Le député national Augustin Kabuya a également souligné que les États généraux de l’UDPS, organisés en décembre 2024 à Nganda Yala, avaient permis d’aboutir à des résolutions claires en faveur d’un changement de la Constitution actuelle.

"Ce n'est plus quelque chose à cacher, l'UDPS est une formation politique qui ouvre la route, au sujet des affaires relatives à la Constitution de ce pays, nous en avions déjà parlé le 23 décembre, d'abord le 10 octobre 2024, j'avais signé une note circulaire qu'on avait envoyé à tous les responsables du parti dans les 145 territoires y compris les 26 chef-lieu des provinces. Le 23 décembre 2024,nous avons tenu les États généraux de l'UDPS à Nganda Yala, et puis lorsqu'on avait fait ça, les résolutions ont été sorties", a-t-il fait savoir lors de sa communication. 

Lors de sa récente sortie médiatique en marge de la célébration de la Journée de la liberté de la presse, le Président Félix Tshisekedi, président statutaire de l’UDPS, s’était montré ouvert à l’idée de briguer un troisième mandat ainsi qu’à une réforme de la Constitution. Selon lui, « si le peuple le veut », il serait prêt à briguer un troisième mandat. Le chef de l’État a également estimé que toute réflexion sur un changement ou une révision de la Constitution doit passer par une consultation populaire, c’est-à-dire un référendum.

Dans le même registre, Félix Tshisekedi a rappelé la position historique de son parti : 

« Je suis de l’UDPS. En 2006, l’UDPS avait dit que si elle arrivait au pouvoir, cette Constitution serait changée », a-t-il indiqué. Il avait toutefois posé des conditions au débat, affirmant : « Aucune question d’intérêt national ne saurait être caricaturée, confisquée ou interdite à la réflexion. Mais ces questions doivent être abordées avec sérieux, transparence et méthode. »

Clément MUAMBA