L’Inde a annoncé jeudi un renforcement du dépistage dans ses aéroports face à l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui frappe l’est de la République démocratique du Congo, tandis qu’un vol Air France reliant Paris à Detroit a été dérouté vers Montréal après qu’un passager congolais a été embarqué en violation des nouvelles restrictions américaines.
Le Directorate General of Health Services indien, rattaché au ministère de la Santé, a publié un avis demandant aux passagers arrivant ou en transit depuis la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud de signaler immédiatement tout symptôme aux autorités sanitaires aéroportuaires : fièvre, vomissements, diarrhée, faiblesse ou saignements inexpliqués. Les voyageurs développant des symptômes dans les 21 jours suivant leur arrivée sont invités à consulter un médecin et à déclarer leur historique de voyage. Aucun cas d’Ebola n’a été signalé en Inde à ce jour, précise l’avis.
La veille, un vol Air France/Delta DL8719 reliant Paris à Detroit avait été dérouté vers Montréal après qu’un passager congolais avait été embarqué par erreur, en violation des nouvelles règles américaines. Les autorités américaines des douanes et des frontières ont interdit à l’appareil d’atterrir à Detroit. Le passager a été débarqué à Montréal avant que le vol ne rejoigne sa destination. Air France a précisé qu’il n’y avait pas d’urgence médicale à bord et que le passager n’était pas malade. Sous les nouvelles règles américaines, les ressortissants non américains ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud ne peuvent entrer sur le territoire américain que via l’aéroport de Washington Dulles.
Ces mesures sont contestées par Africa CDC. Son directeur général Jean Kaseya, tout en reconnaissant le droit souverain de chaque gouvernement à protéger sa population, a estimé que les restrictions de voyage généralisées apportent souvent un bénéfice limité en santé publique tout en provoquant des conséquences économiques, humanitaires et opérationnelles importantes. Les mesures, a-t-il dit, doivent reposer sur les données scientifiques et le respect du Règlement sanitaire international.
De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya a réagi sans confrontation, indiquant que Kinshasa engage le dialogue avec Washington pour faire valoir que le virus est localisé et qu’un travail de riposte est en cours.
Au 20 mai, le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus faisait état de 600 cas suspects et 139 décès suspects, avertissant que ces chiffres sont appelés à progresser. L’épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une souche d’Ebola pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé.