Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, s’est exprimé mardi 19 mai 2026 sur les mesures restrictives prises par les États-Unis à la suite de la déclaration de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Il s’agit d’une 17e épidémie déclarée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une urgence sanitaire de portée internationale.
Sans toutefois vouloir froisser ou affronter Washington, considéré par Kinshasa comme un partenaire stratégique, Patrick Muyaya estime que les restrictions américaines s’inscrivent dans une logique de précaution fondée sur les informations dont disposent les autorités américaines. Il a toutefois indiqué que le dialogue sera engagé dans le cadre du partenariat afin de trouver un terrain d’entente entre les deux parties.
"Sur le cas des américains, je pense que c'est une mesure qui a été prise à Washington au regard des éléments sûrement d'informations qu'ils ont eus par rapport à l'épidémie mais n'oubliez pas que ce soit au niveau du ministère de la santé ou de l'INRB, nous sommes en discussion avec le gouvernement américain parce qu'il est évident que parfois lorsqu'on parle de la République Démocratique du Congo, il faut savoir que le virus est localisé et qu'il y a un travail en cours", a déclaré le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya lors du briefing de presse avec le ministre de la Santé Publique et le DG de l'INRB.
Et d'ajouter :
"Nous vivons peut-être dans un monde où il y a eu Coronavirus, il y a eu hantavirus dont on parle, vous voyez qu'il y a des précautions qui sont prises. Nous allons nous assurer dans le cadre de la relation et des discussions que nous avons avec les autorités américaines que toutes les informations soient données en terme d'assurance que les populations ne sont pas contaminées, c'est pour ça d'ailleurs que nous faisons cette communication, il y a un travail important qui va se faire".
En date du 20 mai, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait état de 600 cas suspects et de 139 décès suspects recensés liés à Ebola, avertissant que ces chiffres sont appelés à progresser dans les prochains jours.
La décision du gouvernement des États-Unis d’émettre un avis de niveau 4 « Ne voyagez pas » pour la RDC et d’imposer des restrictions d’entrée visant les détenteurs de passeports non américains ayant récemment séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud, est mal accueillie par Africa CDC, l’agence de l’Union africaine chargée des questions de santé publique.
Tout en prenant acte de cette décision et en reconnaissant pleinement la responsabilité souveraine de chaque gouvernement de protéger la santé et la sécurité de sa population, Jean Kaseya, le DG de Africa CDC affirme que la préoccupation de l’organisation ne porte pas sur l’objectif de protection des populations, mais plutôt sur le recours à des restrictions de voyage généralisées comme principal outil de santé publique lors d’épidémies
Dans une déclaration parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD ce mardi 19 mai 2026, ce médecin originaire de la République démocratique du Congo estime que les mesures de santé publique prises lors d’épidémies doivent reposer sur les données scientifiques, la proportionnalité, la transparence, la coopération internationale ainsi que le respect du Règlement sanitaire international.
Selon Jean Kaseya, l’expérience d’Africa CDC lors des précédentes épidémies a démontré que les restrictions de voyage généralisées et les fermetures de frontières n’apportent souvent qu’un bénéfice limité en matière de santé publique, tout en provoquant d’importantes conséquences économiques, humanitaires et opérationnelles.
Clément MUAMBA