Une trentaine de volontaires secouristes de la Croix-Rouge prend part depuis le mardi 19 mai à une formation spécialisée sur les techniques d’enterrement digne et sécurisé dans la commune rurale de Mongbwalu (territoire de Djugu) en Ituri. Cette entité est considérée à ce stade comme l’épicentre de la maladie à virus Ebola (MVE) qui secoue l’Ituri et d’autres régions, y compris l’Ouganda.
Cette initiative de la Croix-Rouge s’inscrit dans le cadre du renforcement de la riposte contre l’épidémie d’Ebola afin de limiter les risques de propagation du virus à travers la manipulation des corps suspects.
Le docteur Serge Lemy, président provincial de la Croix-Rouge en Ituri et formateur de ces volontaires, indique que les enterrements non sécurisés représentent un facteur majeur de contamination pendant les épidémies d’Ebola.
« Après cette formation, nos volontaires ont déjà procédé ce mercredi à l’enterrement digne et sécurisé de cinq corps suspects d’Ebola », affirme le docteur Serge Lemy.
Selon lui, les secouristes sont formés sur les techniques de protection individuelle, la manipulation des corps, la désinfection ainsi que l’accompagnement des familles dans le respect des normes sanitaires.
« Nous saluons le courage des volontaires qui acceptent de servir la communauté dans un contexte sanitaire très difficile », ajoute-t-il.
Dans cette commune minière caractérisée par une forte mobilité de population, les acteurs sanitaires craignent que des enterrements communautaires non contrôlés favorisent davantage la propagation du virus.
Pour plusieurs observateurs, la formation des volontaires constitue une étape essentielle dans le renforcement de la réponse communautaire face à Ebola en Ituri.
Selon les chiffres de l’OMS, 159 décès probables et 626 cas suspects sont déjà enregistrés à ce jour depuis le début de la maladie. Au moins 24 patients sont pris en charge actuellement à Mongbwalu.
Freddy UPAR, à Bunia