Ebola en Ituri : la peur et les résistances communautaires compliquent la riposte

Photo d'illustration
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Alors que les autorités sanitaires congolaises intensifient la lutte contre la résurgence du virus Ebola en Ituri, les équipes de riposte se heurtent encore à la peur, aux rumeurs et aux résistances communautaires dans certaines zones affectées.

Sur le terrain, plusieurs acteurs sanitaires alertent sur des comportements qui compliquent les efforts de contrôle de l’épidémie, notamment les refus de collaboration avec les équipes provisoires médicales chargées du suivi des cas suspects et des enterrements sécurisés.

Selon des sources sanitaires locales contactées sous anonymat, un incident survenu la semaine dernière dans une famille d’une zone touchée illustre les défis auxquels fait face la riposte.

D’après ces sources, des proches d’un malade décédé se seraient opposés à l’intervention des agents de santé venus procéder à la prise en charge sécurisée du corps conformément aux protocoles sanitaires liés à Ebola.

Quelques jours plus tard, au moins quatre autres décès ont été signalés au sein du même cercle familial, même si les investigations sanitaires se poursuivent pour établir avec précision les causes de ces décès et leur éventuel lien épidémiologique.

"Le refus de collaborer avec les équipes de riposte reste un grand défi dans certaines communautés. La peur et les croyances compliquent parfois les interventions médicales", explique un agent impliqué dans la surveillance épidémiologique, sous couvert d’anonymat.

Dans plusieurs localités touchées, les autorités sanitaires tentent désormais de renforcer les campagnes de sensibilisation afin d’encourager la population à signaler rapidement les cas suspects et à accepter les mesures de prévention mises en place.

Lors de sa visite à Bunia, le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, avait lui-même insisté sur la nécessité de combattre les fausses croyances autour de la maladie.

"Ce n’est pas une maladie mystique. Plus vite on va prendre le malade en charge, plus vite on va arrêter la propagation du virus", avait-il déclaré.

Selon les dernières données sanitaires disponibles, l’Ituri compte plusieurs centaines de cas suspects répartis notamment dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, où des centres de traitement doivent être installés dans les prochains jours.

Les autorités sanitaires rappellent que la rapidité de la prise en charge et la collaboration communautaire restent essentielles pour limiter la propagation du virus.

Freddy Upar, à Bunia