Une nouvelle étape est en voie d’être franchie dans le renforcement de la coopération bilatérale entre la RDC et l’Ouganda, avec la signature, ce lundi 11 mai à Kampala, de six accords stratégiques devant Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni, président de l'Ouganda.
Cette étape a été précédée par la validation de ces accords à l’issue de la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte RDC–Ouganda, clôturée dimanche 10 mai en Ouganda. Pour John Mulimba, Ministre d'État ougandais aux Affaires étrangères chargé de la coopération régionale, cette dynamique traduit la portée historique des relations qui unissent la RDC et l’Ouganda.
" Il y a une chose essentielle : nous sommes liés par l’histoire. La séparation géographique n’est qu’une création de ceux qui ne comprenaient pas l’Afrique, mais notre relation est historique. Elle est liée par la naissance, si vous me permettez cette expression. Il est donc très important que nos deux peuples puissent jouir de leurs libertés ainsi que de la prospérité sociale et économique. Comment y parvenir ? D’abord en partageant les renseignements. La première étape consiste à diagnostiquer les problèmes qui affectent les deux pays. Une fois le bon diagnostic posé, nous pouvons mettre en place des mécanismes pour traiter ces problèmes à travers des accords de défense et de sécurité ", a fait savoir John Mulimba.
Pour lui, il existe déjà une base solide de coopération entre les deux États. John Mulimba a notamment fait allusion aux opérations conjointes menées par les FARDC et l’UPDF dans la traque contre les terroristes des ADF, qui continuent de semer la désolation dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
" Ici, nous parlons du partage du renseignement et des opérations conjointes de défense. Nous avons déjà parcouru un long chemin dans la lutte contre les ADF et plusieurs autres groupes insurgés opérant dans les forêts ou dans d’autres zones des deux pays. Notre objectif est d’assurer la prospérité de nos populations et la sécurité stratégique de nos deux États. Il faut reconnaître également que nous partageons des ressources transfrontalières, comme le lac Édouard et le lac Albert. Nous disposons déjà d’une organisation commune pour la pêche et l’agriculture autour de ces deux lacs. Nous avons aussi des ressources dans le domaine des hydrocarbures ", a expliqué le ministre Ougandais.
Comme du côté des officiels de la République démocratique du Congo, l’Ouganda estime également que les principaux bénéficiaires de ces accords doivent être les peuples des deux pays. John Mulimba a affirmé que ces accords établissent très clairement le lien entre le développement et la sécurité.
" Nous possédons également des ressources pétrolières. Il est donc très important que les deux pays travaillent ensemble. Nous exerçons nos responsabilités au nom des populations afin de nous assurer qu’elles puissent jouir de leur liberté, mais aussi prospérer ensemble dans cette liberté. Le lien entre le développement et la sécurité est très clairement établi. Il est donc impératif pour nous, en tant que dirigeants, lorsque nous participons à des réunions comme celle-ci, de ne pas simplement venir échanger et signer des mémorandums d’entente. Nous devons discuter des questions qui affectent les communautés, les citoyens ordinaires, et qui ont un impact direct sur leur prospérité et leur sécurité. Nous avons ainsi renouvelé nos engagements en tant que gouvernements de la RDC et de l’Ouganda afin d’œuvrer ensemble pour la prospérité de notre région et le bien-être de nos populations ", a souligné le ministre d'État John Mulimba.
Kampala, en Ouganda, a accueilli, du 8 au 10 mai 2026, les travaux de la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte RDC–Ouganda. Ces assises ont principalement porté sur l’évaluation du niveau d’exécution des recommandations formulées lors de la précédente session organisée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Les experts de ces deux pays de la région des Grands Lacs ont travaillé au sein de quatre sous-commissions consacrées notamment à l’économie, à la politique et à la diplomatie, à la défense et à la sécurité, ainsi qu’au commerce et au transport.
Les différents projets d’accords validés au niveau ministériel dans plusieurs secteurs seront signés en présence de Félix Tshisekedi et de Yoweri Museveni. À travers ces accords, Kinshasa renforce davantage ses liens avec l’Ouganda dans la région des Grands Lacs, dans un contexte marqué par la détérioration persistante de ses relations avec le Rwanda, que la RDC accuse de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.
Clément MUAMBA