RDC : pour Ejiba Yamapia, le développement attendu des accords avec les USA posera «énormément de problèmes » avec l’actuelle Constitution

Evêque Ejiba Yamapia, candidat président de la CENI/Ph. Droits tiers

L’archevêque Ejiba Yamapia a débordé de joie après la participation du chef de l’État, dimanche, au culte d’action de grâce organisé au quartier général de l'Église Pentecôtiste des Secouristes (EPS), en compagnie de son épouse. L’occasion donnée, le Président de l’Église de Réveil du Congo a insisté sur le changement de la Constitution. 

En tête d’affiche d’un forum des pasteurs favorables au changement de la loi fondamentale promulguée en 2006 par Joseph Kabila, Ejiba Yamapia estime que l’actuelle Constitution représente un frein au vent du développement que les accords avec les États-Unis doit amener en RDC. 

« L’année passée était les bruits de guerre et consorts. Mais maintenant là, nous avons des accords avec les États-Unis : c’est le moment du développement. Or, avec la Constitution actuelle, ça va poser énormément de problèmes. C’est pourquoi notre demande est que le peuple de Dieu en RDC comprenne le temps que nous vivons.  Les réformes constitutionnelles annoncées ont d’abord besoin du peuple de Dieu,  parce que c’est lui qui dit à Dieu de faire quelque chose pour le pays », a-t-il déclaré après le culte. 

Vivement critiqué par une importante opinion, le numéro un de l’Église de Réveil en RDC a appelé des fidèles à se tenir prêts à voter pour le changement de la Constitution lors du référendum, dont une proposition de loi devant l’organiser se trouve sous examen au Parlement. 

Mais la démarche de Ejiba Yamapia, de Godé Mpoy, Leopold Mutombo Kalombo, Marcelo Tunasi, de Espérance Mbakadi et de plusieurs autres hommes d'églises, bute sur l’opposition de quelques pasteurs de la même Eglise de Réveil, dont Sony Kafuta et Moïse Mbiye. D’un ton ferme lors de son premier culte du dimanche 10 mai, ce dernier a qualifié les hommes de Dieu pro changement de la Constitution d'appartenir au « camp des Lépreux, qui met de côté l’élévation de l’œuvre de Dieu au profit de la politique ». 

L’Eglise catholique, de même, fait barrage aux côtés de l’opposition qui met déjà en garde contre le troisième mandat de Félix Tshisekedi. 

Lors de sa conférence de presse la semaine dernière, le chef de l’État avait affirmé  s’attarder sur  la Constitution en raison du vœu fait par son feu père (Etienne Tshisekedi) qui, de son vivant, promettait le changement de la constitution une fois que son parti, UDPS, accédait au pouvoir. 

Ces déclarations sont faites pendant que l’Assemblée nationale examine un projet de loi déposé par le député Paul-Gaspard Ngondankoy pour réglementer l’organisation d’un référendum en RDC. Le texte de 93 articles prévoit notamment un mécanisme exceptionnel de « changement constitutionnel » passant par une Assemblée constituante, tout en maintenant formellement les protections de l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute révision portant sur le nombre et la durée des mandats présidentiels.

Samyr LUKOMBO