L’Afrique du Sud est présentement secouée par une recrudescence inquiétante de violences et de manifestations xénophobes ciblant les ressortissants étrangers, notamment ceux en provenance d’autres pays du continent africain. Ce mouvement, qui n’en est pas à sa première apparition, est exploité par des groupes anti-immigration, comme l’opération "Dudula", qui organisent des marches et des actions à Pretoria, Durban et Johannesburg, exigeant le départ des migrants.
Ces mouvements ont dégénéré en agressions physiques, pillages et intimidations. D’après la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, des compatriotes congolais de la RDC n’ont malheureusement pas été épargnés : certains ont été grièvement blessés, d’autres ont subi d’importantes pertes de biens ou ont dû quitter temporairement leurs lieux de résidence pour des raisons de sécurité. Des cas documentés font notamment état d’une résidence congolaise entièrement saccagée à Durban South, de plusieurs compatriotes agressés, dont certains grièvement blessés, ainsi que de victimes ayant nécessité une prise en charge médicale urgente.
Outre les violences physiques, plusieurs Congolais, selon Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, vivent dans un climat d’insécurité et de forte pression psychologique. Répondant à une question d'actualité du président de l'Assemblée nationale Aimé Boji Sangara devant la représentation nationale, Thérèse Kayikwamba Wagner avait précisé qu’à ce stade, aucun décès de ressortissant congolais n’a heureusement été enregistré.
Face à ce tableau sombre et préoccupant, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné ces manifestations violentes et les actes criminels perpétrés contre des ressortissants étrangers dans certaines régions du pays. Selon lui, ils ne représentent ni les opinions du peuple sud-africain ni la politique de son gouvernement. Il s’agit d’actes opportunistes qui exploitent des griefs légitimes, notamment ceux des plus démunis, sous le faux prétexte d’" activisme communautaire ". À l’en croire, certains s’arrogent des fonctions réservées aux représentants de l’État, comme le contrôle d’identité et les perquisitions de propriétés privées. De tels agissements, dit-il, sont intolérables, quels que soient leurs auteurs ou leurs victimes.
" En tant que pays, nous devons rejeter les tentatives visant à nuire à la réputation internationale de notre pays et à saper la solidarité qui a caractérisé les relations de l'Afrique du Sud avec le reste de l'Afrique depuis l'aube de la démocratie. Depuis 1994, nous œuvrons activement à la promotion des droits humains, tout en renforçant la cause de l'intégration, de la coopération et de la solidarité africaines. Nous disposons d'un solide cadre de protection des réfugiés qui privilégie l'intégration des personnes déplacées par les conflits, les guerres et les persécutions ", a déclaré le président sud-africain dans son message rendu public ce lundi 11 mai.
Contrairement à certains autres pays, le chef de l’État sud-africain a souligné que les réfugiés ne sont pas confinés dans des camps. En Afrique du Sud, a-t-il indiqué, ils peuvent vivre au sein des communautés, participer à la vie économique et accéder à des services essentiels, tels que la santé et l’éducation.
À l'en croire, l’Afrique du Sud continue également de jouer un rôle actif dans le renforcement de l’intégration économique régionale et le développement du tourisme. L’an dernier, les visiteurs africains ont représenté un peu plus de 8 millions de 10,5 millions d’arrivées touristiques.
" Dans le même temps, en tant que société, nous devons nous attaquer résolument et dans le respect du droit au défi de l’immigration clandestine, qui menace notre stabilité sociale, notre gouvernance et notre sécurité nationale. L’immigration irrégulière exerce une pression considérable sur les services de santé, de logement et les services municipaux, en particulier dans les communautés les plus défavorisées ", a-t-il fait savoir dans son message.
Et de poursuivre :
" Dans la lutte contre l'immigration clandestine, nous devons concilier nos obligations constitutionnelles et internationales avec la sauvegarde de la sécurité nationale. L’Autorité de gestion des frontières (BMA) et les Forces de défense renforcent la sécurité des frontières et luttent contre les activités transfrontalières illicites. Nous félicitons la BMA d’avoir intercepté avec succès quelque 450 000 personnes tentant d’entrer illégalement en Afrique du Sud au cours du dernier exercice financier. Parallèlement au renforcement de nos frontières, nous poursuivons la réforme de notre cadre en matière de migration et de citoyenneté ".
En réponse à une question d’actualité du président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait présenté, vendredi 8 mai, devant la représentation nationale, les initiatives diplomatiques entreprises par le gouvernement congolais pour faire face aux violences et aux actes xénophobes signalés en Afrique du Sud.
Clément MUAMBA