Église de Réveil : Moïse Mbiye fustige les « camps des lépreux » parmi les pasteurs engagés pour le changement de la Constitution plutôt que pour l’œuvre de Dieu

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Moïse Mbiye

Lors de son premier culte du dimanche 10 mai, le pasteur Moïse Mbiye, responsable de l’église cité Béthel, située  à la 1ère rue Limete à Kinshasa, a ouvertement critiqué l’attitude d’un groupe de pasteurs qui a affiché son focus sur la politique au détriment de l’œuvre du ministère de Dieu. 

Dans sa prédication sur le thème « le courage influence la perception de soi », cet homme de Dieu a haussé le ton contre des amitiés qu’il a qualifiées de « camp Lépreux », indexant particulièrement des rassemblements de pasteurs adonnés à la politique, et militant pour le changement de la Constitution, reléguant au second plan la bénédiction des fidèles. 

« Est-ce que vous savez qu’il existe des camps des Lépreux sur cette terre. Il y a des endroits ou des amitiés dans lesquels tout le monde réfléchit de la même manière, où vous avez les mêmes limites. Il y a des rassemblements des pasteurs, quand ils se retrouvent, ils prennent le vin,  ils parlent de la politique, ils pensent à une seule chose :  bon, on va changer la Constitution.  Et c’est devenu un camp des Lépreux, ils n’ont que ça, ils ne bénissent plus personne. Ils ne pensent plus comment faire avancer leurs églises », dénonce Moïse Mbiye. 

Dans un ton ferme, cet artiste musicien et ministre de l’Évangile a dénoncé l’attention soutenue à la politique, des pasteurs dont il n’a pas cité de noms sur sa chaire de prédication, lorsqu’il a imploré la grâce de Dieu pour ne pas intégrer ce cercle : « que le seigneur fasse grâce que je ne me retrouve jamais  dans un camp des Lépreux ».

Ces mots interviennent dans un contexte où une Pléiade d’hommes de Dieu de l’Église de Réveil du Congo se sont exprimés favorables au changement de la Constitution. Lors d’un Forum organisé à Kinshasa, par l’évêque Ejiba Yamapia, président de l’Eglise du Réveil du Congo, des figures de l’Évangile comme les pasteurs Godé Mpoy, Espérance Mbakadi, Marcelo Tunasi, l’apôtre Léopold Mutombo Kalombo, frère Patrice Ngoy Musoko et plusieurs autres noms de la ville, ont appelé, non pas à une révision, mais au changement pur et simple de la Constitution du 18 février 2006.

Ils ont également plaidé pour des mandats prolongés du président de la République, affirmant que les pays développés sont ceux dont les chefs d’État durent au pouvoir, à l’instar de la Chine et de la Russie. 

Après un torrent de critiques qui a émaillé leurs conciliabules à l’hôtel du Fleuve Congo, l’Église de Réveil du Congo, dont l’initiative a été rejetée par l’une des figures les plus influentes, Sony Kafuta, a menacé de poursuivre en justice des propos diffamatoires et des insultes proférés par des internautes contre le changement de la Constitution à l’endroit de ses leaders. 

Aux côtés de ces quelques pasteurs de l’Église de Réveil qui se désolidarisent d'ores et déjà de cette position de leurs pairs, toute l’Eglise catholique aussi fait blocage avec l’opposition qui promet entamer des actions devant faire reculer l’ambition de Félix Tshisekedi « de briguer un troisième mandat ».

Dimanche, le président de la République, Félix Tshisekedi, a participé au culte d'action de grâce organisé au quartier général de l'Église Pentecôtiste des Secouristes (EPS), en compagnie de son épouse. La cérémonie religieuse était présidée par l'archevêque-président de la dénomination, Ejiba Yamapia.

Samyr LUKOMBO