Alors que l’axe Kinshasa–Kigali reste crispé depuis la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, suivie des accusations de complicité entre les FARDC et les FDLR, Félix Tshisekedi a entamé, ce lundi 11 mai, une visite de travail de deux jours, soit 48 heures, à Kampala, capitale de l’Ouganda. L’objectif de ce déplacement est de renforcer le partenariat multisectoriel au bénéfice des populations des deux pays.
L’un des moments forts de cette visite est la présidence, avec son homologue ougandais, de la signature de six protocoles d’accord dans les domaines du commerce, des infrastructures et de la sécurité, en vue d’une stabilité régionale renforcée et d’une transformation socio-économique durable. C’est dans ce cadre que 14 ministres congolais ainsi que plusieurs hauts cadres de l’administration publique ont pris part, à Kampala, en Ouganda, à la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte Ouganda–RDC, tenue du vendredi 8 au dimanche 10 mai 2026, afin de valider les différents projets d’accord.
Ces accords de partenariats entre les deux pays démontrent la bonne entente, tout comme c'est le cas avec le Burundi, un autre pays de la région des Grands Lacs. Toutefois, si le renforcement des relations bilatérales entre la RDC et le Burundi se base avant tout sur le plan militaire, la relation entre Kinshasa et Kampala va au delà de l'aspect militaire, c'est-à-dire intègre les domaines des transports et commerce.
Autre fait marquant dans le raffermissement des relations entre Kinshasa et Kampala, c'est le fait que les deux pays sont moins rattachés au plan politique, mais plus concentrés sur les affaires, le transport et la sécurité. Lors des travaux coprésidés par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue ougandais, Jeje Odongo ont convenu sur l’objectif est de produire des résultats concrets capables d’améliorer réellement les conditions de vie des populations tout en insistant sur la nécessité de dépasser la logique des accords symboliques.
Même si l'Ouganda est souvent cité dans certains rapports, tels que ceux du groupe d'experts des Nations Unies de tirer les ficelles dans l'instabilité dans l'Est de la RDC, à cela s'ajoute des discours ou attaques à la politique interne de la RDC par le fils de Museveni et chef de l'armée Ougandaise, le gouvernement de la République démocratique di Congo a toujours privilégié la voie de dialogue diplomatique, comme en témoigne certaines convocations du chargé d'affaires de l'Ouganda à Kinshasa par la cheffe de la diplomatie congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner. Cette position de Kinshasa a toujours été perçue comme une stratégie de Kinshasa de ne vouloir ouvrir un nouveau front après le Rwanda dans la région
À travers ces accords, Kinshasa renforce davantage ses liens avec l’Ouganda dans la région des Grands Lacs, dans un contexte marqué par la détérioration persistante de ses relations avec le Rwanda, que la RDC accuse de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.
Clément MUAMBA