Il y a de l’eau dans le gaz au sein de l’Union sacrée depuis l’annonce d’une motion de défiance à charge du ministre de l’intérieur et sécurité à l’Assemblée nationale. Son initiateur, le député national Laddy Yangotikala, vient d'écoper d'une suspension temporaire au sein du regroupement politique auquel il appartient, à savoir Dynamique Agissons et bâtissons, qui s'est par ailleurs désolidarisé de son initiative parlementaire.
La formation politique dirigée par le président du Sénat Jean-Michel Sama Lukonde, reproche le motionnaire en chef d’avoir «dérogé à la règle de solidarité» de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique du président de la République, Félix Tshisekedi.
Néanmoins, l’élu de la ville de Kisangani en a sportivement pris acte, mais reste jusqu’auboutiste dans sa démarche de contrôle du gouvernement, qui est l’une des missions cruciales reconnues aux députés nationaux par la Constitution en vigueur.
«Je prend acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le pdt Sama [ président du Sénat, Ndlr] pour m'avoir permis d'être libre d'exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n'ai pas violé la constitution, ni le Règlement intérieur. Je n'ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du PR 05», a-t-il écrit ce mercredi sur X.
Peu avant sur Facebook, M. Yangotikala justifiait sa décision de déchoir le vice-premier ministre de l’Intérieur et sécurité par «la gravité de la situation sécuritaire au pays, citant les villes de Beni, Kisangani, Lubumbashi, Boma et Moanda comme des épicentres de la criminalité et de l’insécurité galopante en RDC.
« Nos populations vivent dans la peur et attendent des actions fortes, courageuses et responsables», soutient-il.
Au moment où la dynamique de son action parlementaire tant à faiblir, avec notamment le retrait des signatures et le désengagement de ses collègues sous pression dans leurs partis politiques, le député Yangotikala Laddy ne veut rien lâcher.
«Qu'on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n'a pas été retirée. Nous irons jusqu'au bout», a-t-il rassuré.
Créditée de près de 60 signatures de ses collègues issus de plusieurs coins du pays, cette motion défiance, deuxième sous le gouvernement Suminwa 2 après celle qui visait, en 2024, le ministre des infrastructures et travaux publics Alexis Gisaro, laquelle n’a pas au final était programmé pour vote en plénière, reproche à Jacquemain Shabani d'entrave au contrôle parlementaire, atteinte à la séparation des pouvoirs, abus d’autorité à des fins partisanes. L’auteur accusé ce membre du gouvernement d’être aussi le responsable «d’une insécurité persistante».
Samyr LUKOMBO