RDC : Jean Roger Liwanga met en garde contre toute confusion entre accords de paix et révision constitutionnelle

Félix Tshisekedi
Félix Tshisekedi

Intervenant lors d'un Space animé vendredi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Jean Roger Liwanga, expert du Baromètre pour l'évaluation des accords de Washington, a appelé à une lecture « nuancée et rigoureuse » des déclarations du président Félix Tshisekedi sur les implications constitutionnelles de ces accords. 

Selon lui, si certains engagements de Washington peuvent nécessiter des réformes en matière de gouvernance, de justice ou de sécurité, le texte tel que publiquement connu ne prévoit pas explicitement de révision portant sur l'architecture constitutionnelle générale de la RDC.

L'analyste a tenu à distinguer deux réalités souvent confondues dans le débat public : les ajustements législatifs ou institutionnels susceptibles d'accompagner la mise en œuvre d'un accord de paix, et une révision constitutionnelle au sens strict. 

« Chaque réforme doit être appréciée à la lumière de son contenu réel, de sa nécessité et du cadre juridique applicable », a-t-il souligné, rappelant par ailleurs que la RDC demeure un État souverain dont le peuple conserve le droit de débattre et d'adopter toute réforme selon les procédures prévues par sa propre Constitution.

Dans un contexte politique marqué par la méfiance et la polarisation, Jean Roger Liwanga a plaidé pour un dialogue national inclusif réunissant majorité, opposition, société civile, confessions religieuses et milieux académiques, avant toute décision sur des questions aussi fondamentales. 

S'appuyant sur l'expérience internationale, il a rappelé que les réformes institutionnelles les plus durables dans les sociétés sortant d'un conflit sont généralement celles adossées à un large consensus national. Il a conclu en posant la question centrale : non pas de savoir si la Constitution peut être révisée, mais dans quelles conditions une éventuelle réforme pourrait simultanément renforcer la paix, la légitimité démocratique et la stabilité institutionnelle.