Ville morte à Kinshasa : Augustin Kabuya appelle les Congolais à vaquer à leurs occupations sans inquiétude

Photo d'illustration
Augustin Kabuya, informateur

Le secrétaire général et président intérimaire de l'UDPS, Augustin Kabuya, a réagi ce dimanche à l'appel à une journée de ville morte lancé pour le 3 juin prochain par plusieurs formations et personnalités de l'opposition congolaise. Devant les membres de la Force du progrès réunis au siège du parti présidentiel à Limete, il a rejeté cette initiative et appelé la population à vaquer normalement à ses occupations.

Cette mobilisation annoncée par l'opposition s'inscrit dans un contexte de tensions politiques autour du débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Depuis plusieurs mois, les principales figures de l'opposition dénoncent ce qu'elles considèrent comme une tentative de remise en cause de l'ordre constitutionnel actuel et multiplient les actions de sensibilisation contre toute modification de la loi fondamentale.

Pour les opposants, la ville morte du 3 juin vise à exprimer leur désaccord avec cette dynamique qu'ils jugent dangereuse pour la démocratie congolaise. Du côté de la majorité au pouvoir, principalement de l'UDPS, cette initiative est perçue comme une démarche politique qui ne devrait pas perturber le fonctionnement normal du pays.

S'exprimant devant les militants de son parti, Augustin Kabuya s'est montré catégorique quant à l'impact de cette action.

« Les opposants sont déjà en réunion pour leur manifestation du 03 juin. Vous n'allez pas leur demander des comptes. Le 03 juin, il n'y aura rien car chacun ira à ses activités et il n'y a pas de ville morte », a-t-il déclaré.

L'UDPS appelle au maintien des activités

Le secrétaire général de l'UDPS a insisté sur le caractère ouvrable de la journée du mercredi 3 juin, affirmant que les institutions publiques continueront à fonctionner normalement.

Selon lui, les élus nationaux, les fonctionnaires ainsi que les travailleurs du secteur privé sont appelés à poursuivre leurs activités sans se laisser influencer par les mots d'ordre de l'opposition. 

« Les élus iront à l'Assemblée, les fonctionnaires iront travailler. Ils ont promis une ville morte et cela ne nous engage pas. C'est un mercredi et un jour ouvrable », a-t-il affirmé.

Profitant de cette rencontre avec les membres de la Force du progrès, Augustin Kabuya a également appelé à la vigilance face à toute tentative de récupération ou de provocation pouvant survenir à l'occasion de cette journée. Il a estimé que certains acteurs politiques chercheraient à exploiter la situation pour créer des incidents et attribuer ensuite les responsabilités au parti au pouvoir.

« Que personne ne vienne vous tromper d'aller dans une marche ou n'importe quelle manifestation, la journée est ouvrable », a-t-il insisté.

M. Kabuya a accusé les organisateurs de la ville morte d'agir avec une arrière-pensée politique visant à provoquer des tensions.

« Ils sont de mauvaise foi et ils veulent, à l'occasion, détruire les biens d'autrui et ensuite dire que c'est l'UDPS qui a détruit. Ne leur donnons pas cette occasion », a-t-il déclaré.

Un climat politique marqué par le débat constitutionnel

Cette prise de position intervient alors que le débat sur l'avenir de la Constitution continue d'alimenter les discussions sur la scène politique congolaise. Tandis que l'opposition reste mobilisée contre toute perspective de changement de la loi fondamentale, les acteurs proches du pouvoir estiment que les discussions sur les réformes institutionnelles relèvent du débat démocratique.

À quelques jours du 3 juin, la confrontation politique entre majorité et opposition se poursuit donc sur fond de divergences autour de la question constitutionnelle. Dans ce contexte, l'UDPS appelle ses militants ainsi que l'ensemble des Congolais à privilégier le calme, la discipline et la poursuite normale des activités économiques, sociales et administratives à travers le pays.

José Mukendi