Les miliciens wazalendo, qui devraient être neutralisés selon les termes de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda, continuent excellent dans les abus contre les populations civiles. L'ONG internationale Human Rights Watch a dû recenser plus de dix barrières érigées par ces derniers, entre la ville de Baraka et le territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu.
Dans un rapport publié mardi dernier, HRW révèle que ces forces d'autodéfense, de concert avec des éléments de l’armée régulière, exigent de 1000 à 2000 francs congolais par passant à chaque barrière.
«Les wazalendo ont mis en place des barrières pour prélever entre 1 000 et 2 000 francs congolais (entre 0,43 et 0,86 dollar américain) aux passants. « De Baraka à Fizi, il y a plus de 10 barrières mises en place par les Wazalendo et l’armée congolaise », a déclaré un habitant de Baraka cité par HRW. « À chaque fois, il faut payer 1 000 francs congolais », a-t-il ajouté. Un autre habitant a déclaré avoir compté huit barrières tenues par les wazalendo entre Baraka et Misisi, sur une distance de 130 kilomètres», lit-on.
Parallèlement à ces actes illégaux, les wazalendo poursuivent les harcèlements et attaques contre des personnes, dont des membres de la communauté Banyamulenge (Tutsis), d’après des résidents qui se sont confiés à HRW. D’autres civils ont été arbitrairement arrêtés et détenus par ces mêmes wazalendo, et par le groupe armé chapeauté par William Yakutumba, qui les accusent de soutenir les rebelles du M23.
«Une personne récemment détenue dans une cellule de détention informelle à Baraka a déclaré avoir dû payer des centaines de milliers de francs congolais pour être libérée. « Ils m’ont sévèrement battu », témoigne la victime citée par l’ONG. « Ils harcèlent la population et nous accusent de soutenir le M23 pour nous faire payer», ajoute le rapport.
En février et mars, le commandant régional de l’armée congolaise, le général Fabien Dunia, a rencontré des groupes wazalendo à Uvira et Baraka afin de chercher à interdire à toute personne armée d’entrer dans les centres urbains. Le général Dunia a déclaré à Human Rights Watch que ses forces avaient arrêté plusieurs combattants wazalendo auteurs d’exactions à Uvira et Baraka, indique le document.
Dans un rapport publié en décembre dernier, HRW signalait le soutien continu du gouvernement congolais aux wazalendo, à qui il envoie mensuellement plus de 300 000 dollars américains. Ces jeunes miliciens, qui disent combattre au nom du patriotisme, sont actifs dans les deux Kivu, où ils livrent régulièrement des batailles aux rebelles de l’AFC/M23, qui contrôlent d’importants pans de terre dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Samyr LUKOMBO