L’ONG de défense des droits humains Justicia Asbl a exprimé son inquiétude face à la dégradation du climat sociopolitique dans la province du Haut-Katanga, dans un communiqué rendu public ce mercredi. L’organisation évoque des cas présumés d’enlèvements, de violences et d’actes de banditisme visant des acteurs sociaux et politiques.
Selon Justicia Asbl, les faits se seraient produits le 13 avril 2026 aux environs de 15h30, au croisement des avenues Lubilanshi et Kimbangu, dans la ville de Lubumbashi où Raphaël Mututa, ancien président de la Fondation Katangaise, a été arrêté avec d’autre personnes notamment de Yannick Kyungu.
« Près de 15 personnes dont Messieurs Raphaël Mututa […] ont été enlevées par plus d’une dizaine de militaires de la Garde républicaine », rapporte le communiqué.
Un témoin cité par l’ONG décrit l’intervention d’un individu en civil armé, qui aurait donné des instructions aux militaires présents sur les lieux.
« Un homme habillé en civil […] avant de brandir un pistolet […] donnera l’ordre […] et ils procéderont à l’arrestation de toute personne se trouvant sur le lieu », a indiqué Justicia Asbl.
Un contexte marqué par le débat constitutionnel
L’ONG relie ces incidents à un climat politique tendu, en lien avec le débat sur un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
« Justicia Asbl s’inquiète de l’enlisement de la situation sociale et politique dans la province du Haut-Katanga sur fond du débat sur le changement de la Constitution », souligne le document.
Le communiqué fait également état d’autres cas de violences. À Kashobwe, dans le territoire de Kasenga, un militant politique aurait été victime de violences physiques.
« Monsieur Kishimba Angila […] a été sérieusement tabassé par des militaires de la Garde républicaine », affirme Justicia Asbl.
« Des personnes non autrement identifiées ont fait irruption au domicile de Monsieur Jean Claude Ndala […] après une déclaration […] qui s’oppose au changement de la Constitution », précise l’ONG.
Appel au respect des droits fondamentaux
Face à ces faits, Justicia Asbl appelle au respect des droits humains et des procédures légales.
« JUSTICIA Asbl […] s’inquiète […] et appelle au respect des droits fondamentaux », insiste l’organisation. Elle exhorte également les autorités compétentes à faire la lumière sur ces incidents et à garantir la sécurité des citoyens dans un contexte de tensions politiques persistantes.
Mardi, le cadre de concertation de la société civile et la Fondation Katangaise ont alerté sur ces cas d'enlèvements, appelant à la libération notamment Raphaël Mututa Mistala.
José Mukendi