La signature des accords de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda constitue une avancée importante dans la résolution de la crise diplomatique entre les deux États, a rappelé mercredi, l’ambassadrice Tammy Bruce, représentante adjointe des États-Unis auprès des Nations Unies. S’exprimant lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, la diplomate américaine a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre cet accord afin de favoriser le retour de la paix et de la stabilité dans l’est de la RDC. Elle a également salué la reprise des discussions de Doha, en complément du processus de Washington, soulignant qu’elles se distinguent par l’instauration d’un dialogue direct entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.
"Nous comptons pleinement sur la mise en œuvre intégrale et rapide de tous les éléments de l'Accord pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans l'est de la RDC et dans l'ensemble de la région des Grands Lacs. Le peuple américain souhaite également exprimer sa gratitude au Qatar pour son rôle dans la mise en œuvre du Cadre de Doha. Cette voie complémentaire, axée sur un dialogue direct entre le gouvernement de la RDC et le groupe armé M23, est essentielle pour s'attaquer aux causes immédiates de la violence. Nous remercions la Suisse d’avoir accepté d’accueillir cette nouvelle série de pourparlers, qui sont actuellement en cours", a déclaré l’ambassadrice Tammy Bruce, représentante adjointe des USA auprès de l’ONU.
Elle a également salué les efforts de médiation de l’Union africaine, qui complètent les processus de Washington et de Doha.
"Le travail de l'Union africaine, articulé autour du Groupe de facilitateurs et sous l'égide du président togolais, est crucial pour la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs. Nous saluons également les efforts déployés par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour soutenir la surveillance et la vérification du cessez-le-feu dans le cadre du processus de Doha. Une paix durable dans la région des Grands Lacs doit, en définitive, être instaurée et maintenue par la région elle-même", a-t-elle souligné.
Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions durables.
Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement, malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Cette branche de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.
Clément MUAMBA