Le Royaume-Uni se montre préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire dans la région des Grands Lacs, tel l’a indiqué son ambassadrice Jennifer MacNaughtan, ministre conseillère du Royaume-Uni auprès des Nations Unies, mercredi 15 avril, lors de la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la région des Grands Lacs.
Abordant spécifiquement le cas de la République démocratique du Congo, Jennifer MacNaughtan a salué des progrès diplomatiques, tout en déplorant le fait que ceux-ci peinent à se matérialiser sur le terrain, avec la poursuite de violents combats opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, aux forces gouvernementales.
"Nous demandons également une intensification des efforts visant à mettre fin aux conflits dans la région. Nous saluons les progrès diplomatiques accomplis dans les négociations visant à mettre fin au conflit dans l'est de la RDC et nous félicitons le leadership des États-Unis, du Qatar et de l'Union africaine en faveur de la paix. Mais les progrès diplomatiques doivent aussi se traduire par des progrès sur le terrain", a déclaré Jennifer MacNaughtan, ministre conseillère du Royaume-Uni auprès des Nations Unies.
Au nom du Royaume-Uni, Mme MacNaughtan a appelé toutes les parties à faciliter un accès humanitaire complet, sûr et rapide aux personnes qui en ont besoin.
"Nous encourageons également le soutien aux appels humanitaires régionaux. Le Royaume-Uni a fourni plus de 130 millions de dollars d'aide humanitaire et de consolidation de la paix à l'est de la RDC et à la région l'an dernier. Il est essentiel que la protection des civils soit la priorité".
Par ailleurs, elle a fustigé l’augmentation du nombre de cas de violences sexuelles contre les femmes et les jeunes dans la région des Grands Lacs, et plus précisément dans l’est de la RDC. À l’en croire, la protection des civils doit être une priorité pour toutes les parties.
"Nous constatons que plus de 2 900 violations des droits de l’homme ont été documentées par l’ONU dans l’est de la RDC au cours des six derniers mois. Les femmes et les filles continuent d'être touchées de manière disproportionnée par les conflits, notamment en raison des nombreux cas de violences sexuelles liées aux conflits. Nous appelons tous les acteurs à protéger les civils conformément à leurs obligations en vertu du droit international".
Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sécuritaire sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante et des tensions durables.
Les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, connaissent également un net ralentissement, malgré la reprise d’un nouveau round de discussions entre les parties, cette fois-ci en Suisse, à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Cette branche de médiation vise à compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. L’objectif de ces appels est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.
Clément MUAMBA