Lubero : retour progressif des populations à Mwenye et reprise timide des activités à Byambwe après plusieurs mois d’insécurité liée aux attaques des ADF

Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu
Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu

Un retour progressif des populations est observé dans le groupement de Mwenye (territoire de Lubero) au Nord-Kivu), plusieurs semaines après les attaques des combattants ADF. Ces retournés avaient fui les violences survenues en janvier dernier, cherchant refuge dans des zones sécurisées.

Selon des sources locales, ce mouvement de retour est constaté depuis environ une semaine. De nombreuses familles, qui s’étaient déplacées vers Musienene, chef-lieu de la chefferie de Baswagha, à Butuhe dans la chefferie des Bashu (territoire de Beni), ainsi qu’à Butembo, ont commencé à regagner leurs localités d’origine.

Sur place, la vie reprend lentement. Dans certaines localités comme Vurondo, de petits commerces rouvrent, des boutiques reprennent leurs activités et les écoles accueillent à nouveau des élèves.

Malgré ces signes encourageants, ce retour reste encore timide, la peur est présente au sein de la population, marquée par les violences récentes.

À Byambwe, chef-lieu du groupement Manzia, dans le territoire de Lubero, les activités socio-économiques reprennent également timidement, plus de trois mois après les attaques meurtrières des ADF. Les signes d’un retour à la normale commencent à se manifester, bien que la situation sécuritaire reste précaire.

Selon la société civile locale, l’accalmie observée ces dernières semaines est consécutive aux opérations menées par les forces de sécurité. Cette accalmie relative encourage progressivement les habitants à regagner leurs milieux d’origine après une longue période de déplacement.

Certaines écoles ont déjà rouvert leurs portes, marquant un premier pas vers la reprise de la vie sociale. Cette relance demeure toutefois partielle et nécessite des efforts supplémentaires pour être consolidée.

Le secteur de la santé reste fortement affecté. Plusieurs structures sanitaires ont été détruites ou incendiées lors des attaques, limitant considérablement l’accès aux soins pour la population locale.

Au centre de santé de référence de Byambwe, situé dans la zone de santé de Biena, les activités sanitaires ont repris depuis le vendredi 2 janvier 2026, après plus d’un mois d’interruption consécutive à une attaque des rebelles ADF. Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, au moins 13 patients internés dans cette structure sanitaire avaient été tués. Ces événements avaient conduit le personnel soignant à suspendre temporairement les services afin de préserver la sécurité des agents et des malades.

Josué Mutanava, à Goma