Élection du gouverneur du Sankuru : Justin Omokala attaque la liste définitive de la CENI, le Conseil d’État fixe l’audience au 10 avril

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Un nouveau rebondissement vient de surgir dans les opérations électorales censées conduire à l’organisation de l’élection du nouveau gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru, ce qui pourrait à nouveau retarder le chronogramme réaménagé fixant ce scrutin au 15 avril. Le Conseil d’État vient de fixer au 10 avril l’audience de l’affaire opposant le candidat Omokala Wemambolo Justin à un autre candidat, Lodi Emongo Jules.

Le candidat Omokala Wemambolo Justin conteste la liste définitive des candidats publiée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à l’issue de l’étape du contentieux électoral devant les instances judiciaires de la province du Sankuru. Pour Omokala Wemambolo Justin, l’un des dix candidats retenus sur cette liste, la Cour d’appel du Sankuru, siégeant comme Cour administrative, n’a pas correctement accompli sa mission en validant également la candidature de Lodi Emongo Jules comme indépendant. 

Selon lui, ce dernier est porteur d’un mandat de l’UDPS et siège au Sénat sous cette bannière. Or, pour se présenter comme candidat indépendant à l’élection du gouverneur du Sankuru, il aurait dû démissionner au préalable, ce qu’il n’aurait pas fait. C’est ce qui justifie, selon lui, sa démarche devant le Conseil d’État.

" Je suis candidat gouverneur, Jules Emongo Lodi est aussi candidat, je conteste sa candidature à deux niveaux conformément à la Constitution à l'article 110 alinéa 3 il a le mandat de l'UDPS/Tshisekedi, le parti auquel il a été élu comme Sénateur, pour quitter ce mandat politique et se présenter aux élections comme candidat gouverneur indépendant c'est-à-dire d'une manière tacite, il a violé l'article 110 alinéa 3 de la constitution ou aucun membre élu dans un parti politique ne peut quitter que lorsque vous démissionnez, il aurait dû d'abord démissionné de son parti pour qu'il se présente aux élections comme indépendant parce qu'il a le mandat en cours et il ne peut pas ", a-t-il expliqué à ACTUALITE.CD

Un autre grief reproché au sénateur Lodi Emongo Jules concerne le statut de son colistier au poste de vice-gouverneur. Justin Omokala affirme que ce dernier est un agent public ayant déposé sa candidature sans avoir préalablement démissionné ni présenté une lettre de mise en disponibilité.

Selon lui, cette manière de procéder viole les dispositions de la loi électorale en vigueur en RDC.

" Deuxième chose, je conteste sa candidature pour le cas de son candidat vice-gouverneur, son colistier, il était chef de division au ministère de l'Intérieur au Secrétariat général maintenant au lieu de laisser sa mise en disponibilité conformément à l'article 10 de la loi électorale qui demande à tous les fonctionnaires de l'État quand vous voulez postuler vous êtes obligé de renoncer à vos fonctions en déposant la lettre de démission ou de mise en disponibilité à la structure auquelle vous dépendez, son candidat vice-gouverneur, chef de division, il a postulé sans en avoir démissionné ni déposé la mise en disponibilité ", a-t-il fait remarquer. 

Par ailleurs, le candidat gouverneur Omokala révèle que sa requête a été rejetée par la Cour d’appel du Sankuru, laquelle a estimé qu’il n’avait pas qualité pour agir devant elle, alors même qu’il est reconnu comme candidat dans la décision de la CENI portant publication de la liste provisoire. 

" La Cour d'appel du Sankuru a fait des aventures en fermant les yeux sur tous ces éléments, toutes les requêtes ont été déclarées irrecevables pour violation de la loi, estimant que, pour mon cas, ma requête a un défaut de qualité sous prétexte que je ne suis pas candidat gouverneur alors que j'avais annexé la décision de la CENI portant publication provisoire des candidats ou on me reprend au numéro 10 de la liste, l'objectif de la Cour était d'échapper à la question du fond dont on reproche à Monsieur Lodi Jules. Le Conseil d'État conformément à la législation du pays, toute décision administrative rendue par les cours d'appel sont appelables devant le Conseil d'État, la CENI n'aurait pas dû d'une manière volontaire décidé de rendre public la liste définitive, étant donné que l'affaire est encore pendante devant le Conseil d'État, la CENI devrait attendre la suite de l'audience prévue le 10 avril ", a indiqué Justin Omokala. 

Au départ, selon la liste provisoire, ils étaient onze (11). Mais désormais, ils ne sont plus que dix (10) candidatures en lice pour l’élection du Gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru, reprogrammée désormais au mercredi 15 avril 2026, à la suite de l’annonce de la suspension des opérations électorales pour manque de moyens financiers par la CENI.

D’après un communiqué de la centrale électorale rendu public, mardi 31 mars, la Cour d’appel du Sankuru, siégeant comme Cour administrative d’appel, a reçu dix-neuf (19) requêtes introduites pour contester la décision relative à la publication de la liste provisoire des candidatures jugées recevables à l’élection du Gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Sankuru.

La CENI précise que, parmi ces 19 requêtes, deux (2) ont été déclarées recevables, mais non fondées, tandis que les autres ont été jugées irrecevables. Par ailleurs, la Cour a pris acte du désistement d’un candidat indépendant, en l’occurrence Naa Ikamba Simon, réduisant ainsi le nombre de candidatures en compétition.

Clément MUAMBA