De retour d’une mission de plus de deux semaines dans le territoire d’Ango, dans la province du Bas-Uele, la députée nationale Grâce Neema Paininye livre un constat sans détour sur la situation des populations locales, tout en relançant un débat sensible sur la réforme de la Constitution en République démocratique du Congo.

Lors de sa restitution parlementaire, l’élue a dressé un tableau préoccupant des conditions de vie dans cette partie reculée du pays, marquée, selon elle, par une absence manifeste de l’État dans les services sociaux de base. Derrière l’accueil enthousiaste des populations, se cache une réalité difficile, dominée par un accès limité à l’eau potable, à l’éducation et à la sécurité.
Dans le secteur de l’eau, la députée évoque une situation critique. Les rivières, principale source d’approvisionnement, sont en grande partie polluées, notamment par les activités d’élevage. Face à cette urgence, des initiatives locales de forage ont été mises en place, souvent avec des moyens dérisoires, en l’absence d’une intervention structurée des pouvoirs publics.

La question sécuritaire reste également préoccupante. La présence de réfugiés en provenance de la République centrafricaine, longtemps considérée comme marginale, constitue désormais une réalité quotidienne pour les habitants d’Ango, générant des tensions et appelant à une meilleure prise en charge par les autorités.
Dans le domaine de l’éducation, le constat est tout aussi alarmant. De nombreux enseignants évoluent sans statut officiel ni rémunération régulière, illustrant les failles d’un système éducatif qui repose davantage sur la résilience des acteurs que sur une politique publique efficace.
Au-delà de ces préoccupations sociales, Grâce Neema Paininye a surpris en abordant frontalement la question institutionnelle. Elle s’est prononcée en faveur d’une révision de la Constitution, estimant nécessaire d’adapter la Loi fondamentale aux réalités du terrain congolais. Une position qui intervient dans un contexte politique sensible, où le débat sur les réformes institutionnelles reste particulièrement clivant.

Pour l’élue, la question est de savoir si les instruments actuels de gouvernance sont encore adaptés à la complexité du pays. Une interrogation qui dépasse largement le cadre d’Ango et interpelle l’ensemble des décideurs nationaux.
Cette sortie met en lumière le rôle des vacances parlementaires, souvent perçues comme un moment de déconnexion, mais qui apparaissent ici comme une opportunité de confrontation directe avec les réalités vécues par les populations.
Reste désormais à savoir si cet appel sera entendu à Kinshasa, où se dessinent les grandes orientations politiques du pays.