Le Conseil interreligieux congolais présente à Delly Sesanga son projet « Vérité et Réconciliation » comme préalable au dialogue national

Rencontre entre Sesanga et Dodo Kamba
Rencontre entre Sesanga et Dodo Kamba

L’ancien député national Delly Sesanga, président du parti politique Ensemble national des valeureux œuvrant pour la liberté (ENVOL), a reçu le jeudi 12 février 2026, dans son cabinet de travail à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, une délégation du Conseil interreligieux congolais (CIC) conduite par son président, l’archevêque Israël Dodo Kamba.

Cette tournée, entamée auprès du Secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, André Mbata, puis poursuivie avec Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), vise à sensibiliser les états-majors des partis et regroupements politiques, ainsi que d’autres parties prenantes, sur la nécessité de la mise en place d’une commission “Vérité et Réconciliation”, comme préalable au dialogue national en République démocratique du Congo.

Pour l’archevêque Dodo Kamba, l’enjeu est de mettre en place un cadre de justice transitionnelle destiné à baliser la voie avant toute autre discussion politique. L’archevêque supérieur des Communautés unies du réveil (CUR), Dodo Kamba, accompagné de responsables religieux, de membres du Conseil interreligieux congolais et de ses experts, s’est réjoui de la qualité des échanges sur ce sujet avec son interlocuteur, le député honoraire Delly Sesanga.

"Nous avons trouvé en lui une connaissance parfaite sur la justice transitionnelle et nous avons évoqué quelques sujets constructifs. Nous sommes très satisfaits, d'autant plus que le président Delly Sesanga a fait preuve d'une personnalité politique ouverte aux échanges et au dialogue, et il a accepté l'initiative que nous lui avons présentée. Également, lorsque le moment sera venu, nous établirons un rapport sur tout cela. Nous avons été vraiment satisfaits", a déclaré Dodo Kamba devant la presse à l'issue de l'entretien.

Interrogé sur le point de savoir si Delly Sesanga partage également leur point de vue consistant à faire de la commission “Vérité et Réconciliation” un préalable au dialogue national, Dodo Kamba a indiqué que l’ancien député national y a apporté sa propre lecture, dans le but d’enrichir leur démarche.

"Absolument, mais à sa manière, il faut l'admettre. Il partage le même avis que nous. Il nous a présenté quelques préoccupations par rapport à notre démarche, que nous estimons être très importantes à prendre en ligne de compte et que nous soyons équilibrés dans ce que nous sommes en train de faire, il a employé des termes très clairs et très techniques en même temps, ce qui n’a fait qu’enrichir notre manière de fonctionner par rapport à notre initiative donc, nous avons été très contents de constater son ouverture et de tous les ajouts qu’il a pu apporter pour la prochaine étape", a ajouté Dodo Kamba.

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une crise sécuritaire persistante, marquée par l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, ainsi qu’à de fortes tensions politiques internes, la convocation d’un dialogue national inclusif s’impose, selon plusieurs acteurs sociopolitiques congolais, comme une étape décisive pour tenter de restaurer la cohésion nationale et refonder le consensus républicain.

En prélude à un dialogue national en gestation, qui devrait être conduit par João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’Union africaine, le Conseil interreligieux congolais (CIC)  cadre de concertation interconfessionnel et composante de la société civile soutenant cette initiative  estime que tout dialogue politique intégrant des personnes ayant pris les armes en dehors du cadre constitutionnel devrait être précédé de la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation.

S’inspirant de l’expérience sud-africaine, le représentant légal des Communautés unies du Réveil (CUR), Israël Dodo Kamba, affirme que cette démarche permettrait à la République démocratique du Congo d’éviter la création d’un fâcheux précédent, qui consisterait à légitimer la voie des armes comme un moyen acceptable de porter des revendications et de se faire entendre sur la scène politique nationale. Selon lui, le dialogue demeure la meilleure opportunité de fédérer les différentes opinions, et un tel mécanisme pourrait encourager les fautifs à reconnaître leurs torts, à demander pardon et à contribuer à l’instauration d’une paix durable.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques progressent sur le papier, mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA