Le professeur Denis Bungu, enseignant de la faculté de l’agronomie à l’université de Kinshasa (UNIKIN), a été agressé dimanche par des bandits, qui l’ont fracturé les deux bras. C’était pendant qu’il s’apprêtait à embarquer dans un bus à destination de la ville de Kikwit, où il devait répondre à une invitation, d’après l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).
A en croire son président, le professeur David Lubo, M. Denis Bungu, qui a eu ses deux bras fracturés et sa tête touchée, a subi « une grande opération ».
Eu égard à la fréquence des cas malheureux qui touchent les enseignants, il demande que des professeurs d’université soient autorisés de porter d’arme individuelle pour leur défense face aux agresseurs.
« Le professeur Bungu a été agressé partant de sa maison vers rond-point Ngaba pendant qu’il était en train de courir pour prendre son bus, il devait répondre à une invitation à Kikwit. Les deux bras fracturés, sa tête percée. Il a subi une grande opération hier … je demande officiellement que les professeurs d’université en tant que cadres de ce pays, soient autorisés de porter une arme individuelle pour l’auto-défense », déclare le professeur David Lubo.
Le président de l’APUKIN lie cette énième tragédie qui frappe le corps professoral à la précarité des conditions de vie des professeurs, s’inquiétant de l’échec du projet des véhicules de 2022, qui devrait éviter aux scientifiques le recourt à des motos qui les exposent. Il appelle le ministre de l’intérieur et sécurité à mettre en œuvre les recommandations issues du dernier rassemblement général après l’assassinat du professeur Abatha, en janvier dernier.
Fustigeant l’impayement des salaires des professeurs pour le mois de janvier passé, l’APUKIN annonce se réunir à nouveau afin d’en tirer toutes les conséquences, car, dit-il, « on ne peut pas travailler avec une insécurité financière et la peur au ventre ». M. David Lubo déplore des événements similaires à Kisangani et à Lubumbashi, estimant que les professeurs sont ciblés, « et pourquoi ? », s’interroge-t-il.
Janvier dernier, le professeur Mathieu Abatha a été tué à son domicile, dans la commune de Lemba, devant sa femme et ses enfants impuissants. C’était lors d’une opération criminelle qui avait duré plus d’une heure et mobilisé près de 20 bandits armés. L’un d’eux, reconnu le jour suivant dans la foule qui compatissait avec la famille éplorée, a été lynché puis brulé par des habitants en furie.
Samyr LUKOMBO