RDC–FMI : des réformes structurelles respectées, mais encore fragiles

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Dans sa deuxième revue du programme soutenu par le Fonds monétaire international, le FMI dresse un bilan globalement positif de la mise en œuvre des réformes structurelles en République démocratique du Congo. La majorité des repères structurels ont été atteints dans les délais. Mais le rapport met également en évidence des fragilités persistantes, liées aux retards législatifs, aux limites institutionnelles et à la dépendance continue à des mesures administratives plutôt qu’à des réformes de fond pleinement consolidées.

Le FMI souligne que la mise en œuvre des réformes structurelles prévues dans le cadre de la FEC a été « forte » sur la période examinée. Sur huit repères structurels programmés pour la deuxième revue, sept ont été respectés dans les délais, et un a été réalisé avec un léger retard. Les trois repères structurels continus ont également été respectés.

Ces avancées concernent notamment : le renforcement de la chaîne de la dépense, la décentralisation progressive de l’ordonnancement budgétaire, la mise en place d’instruments visant à améliorer la transmission de la politique monétaire, et l’amélioration des capacités de prévision des recettes issues du secteur extractif.

Le principal retard identifié porte sur la généralisation du système de facturation normalisée de la TVA. Ce repère structurel n’a pas été respecté à la date initialement prévue, même si le FMI précise que sa mise en œuvre a progressé de manière significative, avec le lancement effectif de la phase de déploiement en août 2025 et une échéance obligatoire fixée à décembre 2025.

Le rapport ne précise pas les causes exactes de ce retard, mais il souligne implicitement les difficultés administratives et opérationnelles associées à des réformes fiscales de grande ampleur.

Au-delà des indicateurs de conformité formelle, le FMI met en lumière des faiblesses institutionnelles persistantes. Le rapport relève que plusieurs réformes clés restent à consolider sur le plan législatif et institutionnel, notamment celles visant à renforcer la transparence, la gouvernance et l’État de droit économique.

Le FMI insiste en particulier sur la nécessité : de renforcer durablement la gestion des finances publiques, de limiter le recours aux procédures d’urgence, et d’améliorer le contrôle et la traçabilité des dépenses.

Le rapport souligne que l’avancement des réformes repose largement sur des décisions de l’exécutif et sur des décrets administratifs. Cette dynamique permet des progrès rapides mais expose les réformes à un risque de fragilité institutionnelle en l’absence d’ancrage législatif plus solide.

Le FMI ne fournit pas d’évaluation politique de cette dépendance, mais il souligne la nécessité de poursuivre les réformes pour en assurer la pérennité au-delà du cadre programmatique actuel.

Dans son appréciation finale, le FMI considère que la performance structurelle soutient la crédibilité globale du programme, malgré les chocs sécuritaires et budgétaires. Toutefois, le rapport souligne que le maintien de cette crédibilité dépendra de la capacité des autorités à transformer des avancées procédurales en réformes institutionnelles durables.

Le FMI conclut que les progrès réalisés en matière de réformes structurelles sont réels et significatifs, mais que des faiblesses institutionnelles subsistent, justifiant la poursuite d’un accompagnement étroit et d’une conditionnalité renforcée dans les prochaines revues.