Au moins quinze civils, dont deux femmes, ont été tués dans la nuit du vendredi au samedi 7 février lors d’une attaque des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) à Mambimbi-Isigo, dans le groupement Bapakombe (secteur des Bapere), dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu.
L’information a été rapportée à ACTUALITÉ.CD, par le président de la société civile du secteur de Bapere, Kakule Kagheni Samuel. Des maisons et des biens matériels ont également été incendiés lors de cette attaque.
Un rescapé ayant réussi à s’échapper des assaillants fait état d’un lourd bilan humain dans cette partie du secteur des Bapere, indiquant n’avoir pas été en mesure de compter le nombre de corps vus lors de sa fuite.
Cette attaque intervient alors que des informations faisant état de la présence des assaillants dans ce coin du secteur des Bapere étaient signalées depuis quelques jours. Cette nouvelle violence a semé la peur et le désespoir au sein de la population. Des mouvements de déplacement ont été observés ce samedi 7 février vers Njiapanda et d’autres localités jugées relativement sécurisées.
D’après plusieurs sources sur place, jusqu’aux heures vespérales de ce samedi, le village attaqué dans la nuit restait inaccessible, empêchant l’inhumation des victimes.
Dans le territoire voisin de Beni, six autres civils ont été tués dans une embuscade des ADF dans la soirée du mardi 4 février à Malibo, sur l’axe routier Oicha–Mamove. Les victimes, dont un couple, ont été attaquées quelques heures après une autre embuscade survenue le matin au même endroit. Cette dernière avait coûté la vie à quatre personnes, portant à au moins dix le nombre de civils tués en une seule journée sur ce même axe. Plusieurs motos ont également été incendiées.
Dans un rapport publié le mardi 3 février 2026, la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu, dresse un bilan d’au moins soixante-trois civils tués depuis le début de l’année par des rebelles présumés des ADF dans les territoires de Beni et de Lubero.
Selon les données compilées par la société civile, le territoire de Lubero reste le plus touché avec cinquante-deux personnes tuées, contre dix en territoire de Beni.
Ces violences répétitives ont provoqué le déplacement de milliers de familles. Ces personnes vivent dans des conditions humanitaires précaires, la peur empêchant le retour des habitants dans plusieurs localités désormais considérées comme des zones à haut risque.
Josué Mutanava