En 2026, afin de répondre aux besoins vitaux de millions de Congolais, notamment dans la partie Est du pays, le gouvernement de la République démocratique du Congo et la communauté humanitaire ont lancé, ce mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars américains. Alors que près de 15 millions de personnes se trouvent en situation de détresse, les ressources risquent de faire défaut en 2026. Cette situation a contraint les Nations Unies et leurs partenaires à concentrer leur assistance sur 7,3 millions de personnes les plus vulnérables.
S’exprimant au nom du gouvernement, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, a affirmé que ce plan constitue un signal de responsabilité collective et une affirmation claire du rôle central de l’État congolais. Elle a, par ailleurs, rappelé que la République démocratique du Congo demeure confrontée à une crise humanitaire complexe, prolongée et multidimensionnelle, résultant de l’interaction de facteurs sécuritaires, climatiques et sanitaires.
"Ce moment ne se limite pas à un exercice technique de planification. Il constitue un acte de politique, un signal de responsabilité collective et une affirmation claire du rôle central de l'État congolais dans la conduite, l'orientation et le suivi de la réponse aux crises humanitaires qui affectent sa population indépendamment de la bonne volonté des dirigeants congolais qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement de la région. Face à cette situation, le Gouvernement de la République réaffirme son attachement à une approche équilibrée, responsable et respectueuse de la souveraineté nationale, du droit international humanitaire et des droits humains, tout en restant ouvert à la coopération et au partenariat", a fait savoir la ministre d’État, ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi.
Pour ce membre du gouvernement Suminwa en charge des Affaires sociales et Actions humanitaires, ce Plan de réponse humanitaire n’est ni un cadre parallèle ni un mécanisme substitutif aux politiques publiques nationales. Ève Bazaiba Masudi a réaffirmé la volonté du gouvernement d’assumer pleinement son rôle primordial de pilotage de ce Plan de réponse humanitaire.
"Il s'agit d'un instrument d'alignement stratégique, conçu pour soutenir les priorités définies par le Gouvernement, renforcer la complémentarité entre l'action humanitaire, le relèvement, le développement et la consolidation de la paix, et améliorer l'efficacité, la coordination et la redevabilité de la réponse humanitaire. Conformément aux attributions du Ministère des Affaires Sociale s, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, le Gouvernement entend assumer pleinement son rôle de pilotage stratégique, de coordination, de régulation et de suivi des interventions humanitaires dans l'ensemble du territoire national", a rassuré Ève Bazaiba Masudi lors de son intervention.
Et de préciser :
"Le Plan de Réponse Humanitaire 2026, repose sur des priorités claires, portées et assumées par le Gouvernement. La prévention et l'anticipation des crises constituent un axe fondamental. Il s'agit de procéder à l'alerte précoce pour la réduction des risques de catastrophes et au renforcement de la résilience communautaire comme piliers devant structurer l'action humanitaire publique. Il est donc impérieux de rompre avec une logique exclusivement réactive et intempestive".
La pénurie de financements au niveau international, en particulier la suspension du financement de l’aide humanitaire par les États-Unis d’Amérique, a eu de lourdes conséquences en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans l’Est du pays, confronté à une grave crise humanitaire et sanitaire. Le Plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC, chiffré à 2,54 milliards de dollars, est resté largement sous-financé, alors même que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer et que les besoins ne cessent de croître dans cette partie du pays. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, vendredi 12 décembre dernier, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, a indiqué que seuls 22 % de ce plan avaient été financés.
Par ailleurs, le plan humanitaire des Nations unies pour 2026 vise 87 millions de personnes et nécessite 23 milliards de dollars. En décembre dernier, les États-Unis avaient promis d’allouer, cette année, deux milliards de dollars aux fonds d’aide gérés par l’ONU, une contribution qualifiée d’« historique » par le chef de l’humanitaire de l’Organisation, Tom Fletcher, dans un contexte de besoins vertigineux et de raréfaction des financements. Toutefois, au-delà des montants annoncés, Washington entend désormais impulser une refonte du modèle humanitaire international.
Clément MUAMBA