Au moins 226 personnes sont mortes ce jeudi 29 janvier dans un effondrement survenu à la mine de coltan de Rubaya, située dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. L’information a été confirmée à ACTUALITÉ.CD par Kambere Muyisa Lumumba, porte-parole du gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par la rébellion de l’AFC/M23.
Plus de 200 personnes ont perdu la vie suite à ce glissement de terrain, parmi lesquelles des mineurs artisanaux, des enfants et des commerçantes. Plusieurs personnes ont été secourues de justesse, certaines grièvement blessées, et poursuivent actuellement des soins dans des structures sanitaires locales.
L’effondrement est survenu en pleine saison des pluies, période durant laquelle le sol devient particulièrement fragile. La terre a cédé alors que les victimes se trouvaient à l’intérieur des puits d’extraction.
Sur instruction du gouverneur de la province du Nord-Kivu sous administration de l’AFC/M23, Bahati Musanga Erasto, la mine de Rubaya a été temporairement fermée afin de permettre l’extraction de tous les corps ensevelis. Certains survivants, initialement pris en charge dans des structures médicales locales, ont été transférés à Goma pour la poursuite des soins.
Les opérations de secours se poursuivent dans des conditions difficiles. Des sources locales indiquent que le bilan réel pourrait être plus lourd. Les glissements de terrain sont fréquents dans les zones minières artisanales de l’est de la République démocratique du Congo, en raison des fouilles non réglementées et de l’absence d’infrastructures de sécurité.
La mine de Rubaya est située à environ 80 kilomètres de Goma, à l’ouest du lac Kivu, dans le golfe de Kabuno, à la limite du Rift est-africain, en territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Elle est reconnue pour sa forte production de coltan en Afrique centrale et repose essentiellement sur une exploitation souterraine artisanale.
Les problèmes hydrologiques y demeurent préoccupants. Chaque année, des inondations et des glissements de terrain y sont enregistrés, entraînant d’importantes pertes en vies humaines. Pour rappel, au moins 17 corps avaient été extraits le 19 juin dernier des puits du site minier de Bibatama (DD3), dans le territoire de Masisi, à la suite d’un éboulement alors que des dizaines de creuseurs artisanaux s’y trouvaient à plusieurs mètres de profondeur.
Des défenseurs des droits humains dénoncent l’absence totale de mécanismes de protection des travailleurs artisanaux et pointent un système d’exploitation toléré, voire soutenu, par des circuits commerciaux internationaux qui ignorent les conditions de travail des creuseurs.
Depuis avril 2024, la zone de Rubaya est sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Cette région abrite l’une des concessions de coltan les plus riches au monde, avec une production estimée par les Nations unies (ONU) à près de 120 tonnes par mois, principalement destinées à l’exportation vers le Rwanda voisin. La présence de groupes armés rend l’accès à la zone extrêmement difficile pour les journalistes, les enquêteurs et les organisations humanitaires.
Josué Mutanava