Rutshuru : MSF alerte sur l’afflux de blessés suite aux violences armées et la détérioration de la situation humanitaire à Nyanzale

Un rescapé d'attaque armée à Djugu pris en charge à la clinique Salama
Un rescapé d'attaque armée à Djugu pris en charge à la clinique Salama

Depuis le 20 janvier, Médecins Sans Frontières (MSF) appuie le centre de santé de Nyanzale, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), afin de faire face à un afflux de blessés. L'organisation fournit un soutien médical et logistique pour la prise en charge de 32 personnes atteintes par des éclats d’obus et des balles, dont la majorité sont des civils.

Selon les témoignages recueillis auprès des patients, les blessés sont arrivés au centre de santé à partir du 19 janvier 2026, à la suite d’une attaque menée par les miliciens wazalendo du groupe CMC (Collectif des mouvements pour le changement), un groupe armé allié aux FDLR.

Les affrontements qui ont suivi entre les rebelles de l'AFC/M23 et les  miliciens du groupe CMC ont exposé de nombreux civils, notamment ceux engagés dans des travaux communautaires communément appelés « salongo », pris entre les deux camps. Des patients et des membres de la communauté ont également signalé aux équipes de MSF que plusieurs maisons de civils avaient été incendiées à Nyanzale après cette attaque.

Parallèlement aux soins médicaux, l’équipe d’urgence de MSF mène des activités d’assistance humanitaire, notamment la construction de toilettes, la fourniture d’eau potable et des actions de promotion de la santé dans les sites les plus vulnérables. Selon l’ONG, les personnes affectées vivent dans des conditions précaires, marquées par un accès insuffisant à l’hygiène, à un abri adéquat, à la nourriture et aux articles de première nécessité, ce qui accroît leur vulnérabilité aux maladies.

La situation sécuritaire demeure tendue dans la localité de Nyanzale. De nouveaux combats ont éclaté dimanche 19 janvier dans l’après-midi entre les miliciens locaux Wazalendo et les rebelles de l’AFC-M23, mettant fin à l’accalmie observée dans la matinée. D’intenses tirs croisés ont été entendus dans l’ensemble des quartiers, provoquant la panique parmi les habitants.

D’après des sources locales, les civils, récemment rentrés chez eux après une période de déplacement, se sont barricadés dans leurs habitations par crainte d’affrontements de grande ampleur. Des témoins ont fait état de la présence de combattants Wazalendo (VDP) dans les environs, tandis que les rebelles du M23 multipliaient les tentatives pour reprendre le contrôle du village voisin de Kiyeye, dans le groupement Kihondo.

Plus tôt dans la journée, les Wazalendo du mouvement CMC avaient diffusé un communiqué dénonçant une attaque à l’obus sur plusieurs agglomérations, notamment Nyarubande, Burambo, Muhanga, Kihondo-centre et Kiyeye, survenue la veille. Ils annonçaient leur intention de réagir rapidement. D’autres affrontements auraient également été signalés dans les environs de Katsiru, opposant les mêmes protagonistes.

Le bilan provisoire de l’attaque de samedi fait état de deux civils tués à Kihondo-centre, un homme et une femme, ainsi que de dix maisons incendiées à Nyarubande, en chefferie de Bwito, selon des sources locales.

Josué Mutanava