Est de la RDC : des activistes féminines pour un dialogue inclusif et des mesures concrètes pour la paix

Mouvements des déplacés de Sake vers Goma
Mouvements des déplacés de Sake vers Goma

Alors que la violence armée persiste dans l’Est de la République démocratique du Congo, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une paix durable. Parmi elles, les activistes Émilie Sala et Bénédicte Kitambala appellent à l’organisation d’un dialogue national inclusif, intégrant toutes les composantes de la population congolaise, notamment les femmes, les jeunes, les autorités, les victimes des conflits et même les groupes armés, afin de trouver ensemble des solutions durables.

Selon ces militantes, les femmes jouent un rôle essentiel dans la prévention des conflits et la reconstruction des sociétés. Elles estiment que le dialogue inclusif est un levier majeur pour le retour de la paix dans l’Est du pays, car il permet de réunir toutes les parties concernées dont les communautés locales, autorités, société civile et groupes armés, autour d’une même table.

« La paix ne peut pas être imposée de l’extérieur ; elle doit être construite avec ceux qui vivent la crise au quotidien », ont-elles rappelé.

Toutefois, elles soulignent que le dialogue, à lui seul, ne suffit pas. Pour être réellement efficace, il doit être accompagné de mesures concrètes, notamment le désarmement des groupes armés, la réconciliation locale, le développement socio-économique et l’accès à la justice pour les victimes.

« Quand toutes les voix sont entendues et que chacun se sent impliqué dans le processus, les chances d’une paix durable sont beaucoup plus grandes », a dit Bénédicte Kitambala, activiste et facilitatrice en développement personnel.

Elle appelle les autorités congolaises à prendre des décisions courageuses et transparentes, à assurer la sécurité des populations, à renforcer l’État de droit, à promouvoir un dialogue permanent et à soutenir le développement des régions affectées par les conflits.

S’appuyant sur des exemples africains, elle rappelle que la paix est possible.

« Plusieurs pays en Afrique peuvent servir de modèles, comme le Liberia et la Sierra Leone, qui ont organisé des dialogues incluant toutes les parties et désarmé les anciens combattants pour les réintégrer dans la vie civile. Il y a aussi le Mozambique, qui a signé un accord de paix durable après des années de conflit, grâce à l’appui de médiateurs locaux et internationaux. Ces exemples montrent que la paix est possible lorsqu’il existe une véritable volonté politique et la participation de toutes les communautés », a-t-elle souligné.

Une autre activiste, ayant requis l’anonymat, a également interpellé les autorités congolaises sur la nécessité de décisions courageuses, inclusives et transparentes.

Pour conclure, ces militantes ont lancé un appel à la population, et plus particulièrement aux femmes :

« Ne perdez pas espoir, même face à la violence. Votre voix compte et votre rôle est essentiel dans la reconstruction de la paix. Les femmes sont souvent les piliers des familles et des communautés ; elles peuvent être de puissantes actrices du dialogue et de la réconciliation. Continuons à nous soutenir, à faire entendre nos voix et à contribuer activement à la construction d’un avenir pacifique pour tous ».

Déborah Misser Gbalanga, stagiaire