La CNDH dit suivre avec "attention soutenue" les informations relatives à l’arrestation de Minaku ainsi que d’autres acteurs 

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dit suivre avec une " attention soutenue " les informations relatives à l’arrestation de M. Aubin Minaku, cadre du PPRD de Joseph Kabila et ancien président de l’Assemblée nationale, ainsi que celles concernant d’autres acteurs. Des voix s’élèvent depuis plusieurs mois dans l’environnement sociopolitique congolais pour dénoncer les agissements et arrestations "arbitraires" orchestrés par le Conseil national de Cyberdéfense (CNC), service spécialisé dépendant de la Présidence de la République.

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Dans un communiqué rendu public ce mercredi 21 janvier 2026, la CNDH rappelle que la liberté individuelle demeure un droit fondamental garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment en ses articles 16, 17 et 18, et que toute arrestation ou détention doit être effectuée conformément à la loi, dans le respect des garanties procédurales et des droits de la défense. Conformément à son mandat constitutionnel et légal, ainsi qu’aux Principes de Paris régissant les institutions nationales des droits de l’homme, la CNDH précise qu’elle ne se substitue ni aux juridictions ni aux autorités judiciaires compétentes et qu’elle ne préjuge en aucun cas du fond des procédures en cours.

"La CNDH indique qu'un suivi institutionnel est en cours afin d'apprécier, de manière objective, impartiale et indépendante, la conformité des faits rapportés aux normes nationales et internationales relatives aux droits de l'homme;  la CNDH invite enfin l'ensemble des acteurs politiques, institutionnels et sociaux à faire preuve de responsabilité, de retenue et de respect de l'État de droit, dans l'intérêt supérieur de la Nation, de la cohésion nationale, de la paix sociale et de la protection des libertés fondamentales", dit son communiqué.

Cette institution d’appui à la démocratie rappelle que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement sensible de son histoire, marquée par une guerre hybride et persistante menée par le "Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC " dans sa partie orientale. Selon la CNDH, cette situation s’accompagne de graves atteintes à la souveraineté nationale, de pertes en vies humaines, de menaces multiformes contre la stabilité des institutions de la République ainsi que d’atteintes aux droits fondamentaux des populations civiles.

Dans ce contexte sécuritaire "exceptionnel", la CNDH prend acte des efforts déployés par les institutions de l’État et par les services habilités afin d’assurer la protection de l’intégrité territoriale, la sauvegarde de l’ordre constitutionnel et la prévention de toute action susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale. Elle souligne l’importance du professionnalisme, du sens de responsabilité et du respect de la loi dans l’action des services publics chargés de la sécurité et du renseignement, tant dans la prévention des menaces contre la Nation que dans la sauvegarde des institutions de la République, conformément à la loi et dans le respect des missions qui leur sont légalement dévolues.

Dans le même document, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) souligne, à cet égard, que l'existence d'un acte judiciaire constitue un élément distinct de l'appréciation des modalités concrètes de ton exécution, lesquelles doivent répondre aux principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité, tels que consacrés par la Constitution et par les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme ratifiés par la République Démocratique du Congo

Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de sécurité congolaises ont procédé à l’arrestation d’Aubin Minaku, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), l’ancien parti au pouvoir sous Joseph Kabila.

L’opération s’est déroulée dans sa résidence privée à Kinshasa, selon des informations confirmées par plusieurs sources proches, dont des membres de son entourage politique et des témoins oculaires. Les motifs exacts de cette arrestation n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités, mais elle s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des figures liées à l’ancien régime.

Ces développements font écho à la condamnation, il y a quelques mois, de Joseph Kabila lui-même par la justice militaire. L’ancien chef de l’État, qui vit en exil, a été jugé par contumace pour son rôle allégué dans le soutien à la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Kinshasa considère Kabila comme le « vrai patron » de cette rébellion et l’a condamné à mort, bien que ses partisans dénoncent une instrumentalisation politique de la justice.

Clément MUAMBA