Débat sur la révision constitutionnelle : Lucha dénonce une tentative de "glissement" institutionnel

La Constitution de la RDC/Ph. droits tiers

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha) s'oppose aux velléités du régime en place de vouloir à tout prix modifier la constitution au moment où l'intégrité du territoire reste menacée dans les provinces des Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, où des Congolais sont massacrés, d'autres obligés de se déplacer pour fuire la mort. 

Dénonçant, dans un communiqué, une tentative de vouloir accorder « un bail permanent » au président Tshisekedi, Lucha qualifie l'ambition de l'Union sacrée non seulement d'une « erreur politique » mais surtout « d'une indécence criminelle », insistant que la priorité n'est pas celle-là mais la récupération des terres conquises par l’AFC/M23.

« Engager le pays dans un chantier constitutionnel clivant alors que l'intégrité du territoire national est rompue n'est pas seulement une erreur politique, c'est une indécence criminelle. La priorité nationale n'est pas de retoucher des textes pour un régime, mais de libérer nos terres entre les mains du M23/AFC soutenu par le Rwanda et de restaurer la dignité humaine », écrit ce mouvement citoyen, qui ajoute : « la Constitution n'est pas un butin de guerre, la LUCHA rappelle que la loi fondamentale est le pacte républicain du peuple, et non la propriété d'une famille politique. Nous dénonçons une tentative de "glissement" institutionnel visant à offrir un bail permanent au Président Tshisekedi ».

Face à l'engagement de l'Union sacrée à concrétiser cette ambition qui divise la classe politique, Lucha appelle à la  vigilance citoyenne « totale » et « rappelle que l'article 64 de notre Constitution impose à chaque citoyen, où qu'il se trouve, le devoir de faire échec à quiconque détient le pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles. Nous n'accepterons aucune confiscation de notre démocratie ».

« Comme l'avait fait l'actuel régime lorsqu'il s'opposait farouchement à toute modification constitutionnelle sous le régime précédent, La LUCHA rappelle qu'elle se tiendra avec la même détermination et force pour défendre cette Constitution », promet-elle. 

Samedi, le secrétaire général de l'Union pour la Démocratie le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a rassuré les cadres et militants du parti au pouvoir que la Constitution sera coûte que coûte «touchée». D'après lui, c'est injuste d'interdire à l'UDPS d réviser la loi fondamentale, alors que Mobutu l'avait fait dix-sept fois, Laurent-Désiré Kabila deux fois et Joseph Kabila une fois. 

Modeste Bahati Lukwebo, deuxièmement vice-président du Sénat, qui a publiquement exprimé son opposition à cette volonté du président Tshisekedi, fait l'objet d'une pétition visant à le déchoir de son poste au Bureau de la Chambre haute du parlement, ses propos jugés incorrects et d'un manque de respect au chef de l'État. La famille politique de ce dernier qualifie sa position de contraire «à la vision de l'Union sacrée».

Samyr LUKOMBO