La situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, et plus particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo, a occupé une place centrale lors de la réunion de haut niveau initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’Est de la RDC. Cette rencontre, consacrée à la cohérence et à la consolidation des processus de paix en RDC, s’est tenue le samedi 17 janvier 2026 à Lomé, au Togo.
À l’issue des travaux, le communiqué final rendu public a souligné la nécessité de renforcer l’harmonisation, la cohérence et la coordination entre toutes les initiatives de paix, afin de capitaliser sur les synergies existantes et d’éviter toute fragmentation des efforts de médiation, au risque de compromettre la paix et la stabilité dans l’est de la RDC.
"À cet égard, la réunion a entériné la révision de l’architecture de la médiation, avec la création d’un Secrétariat conjoint indépendant en tant que mécanisme d’appui technique au Panel des facilitateurs; la réunion a réaffirmé le rôle du Panel des facilitateurs en tant que mécanisme central de soutien politique à la médiation, agissant de manière coordonnée et complémentaire, et en stricte conformité avec les mandats confiés par le Médiateur; la réunion a souligné la nécessité d’assurer une étroite harmonisation avec les initiatives internationales, afin de garantir la cohérence des messages, le respect de la séquence politique et l’alignement de l’appui extérieur sur les priorités définies dans le cadre de la médiation", lit-on dans le communiqué final.
Le Sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) avait décidé, en mars dernier, de nommer cinq anciens chefs d’État comme facilitateurs dans la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de : Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria ; Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya ; Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie ; Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana ; ainsi que Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine.
Issu de la fusion des processus de la SADC et de l’EAC, ce panel est mandaté pour appuyer le processus de médiation conduit par l’Union africaine à travers des engagements de haut niveau, des mesures de confiance et une coordination avec les initiatives régionales, en vue d’aboutir à une solution politique durable.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents. En amont, et en étroite coordination avec le Togo, la France avait organisé, le 30 octobre 2025 à Paris, une Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs. Cette rencontre avait permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros en faveur des populations vulnérables et de soutenir la dynamique de négociation menée par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.
Faure Gnassingbé a succédé à João Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions du sommet conjoint virtuel de l’EAC et de la SADC, tenu le 24 mars 2025.
Clément MUAMBA