Dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, tout est prêt à Lomé pour la réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation des processus de paix

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Réunion de haut niveau à Lomé au Togo

Lomé, capitale du Togo s’apprête à accueillir une réunion de haut niveau ce samedi 17 janvier 2026 consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs. L’objectif poursuivi par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’est de la RDC, est de renforcer la confiance, de faire progresser le dialogue et de veiller au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes.

Plusieurs personnalités impliquées dans la gestion de la crise séjournent déjà à Lomé. Il s’agit notamment du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, accompagné du Panel des facilitateurs de l’Union africaine, à savoir : Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria ; Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya ; Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie ; Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana ; ainsi que Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents. 

À la veille de ce rendez-vous censé réunir autour d’une même table les parties au conflit et les représentants des différentes médiations, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a été reçu jeudi 15 janvier au Palais présidentiel, par Faure Essozimna Gnassingbé. Selon un communiqué de l’UA, les deux responsables ont tenu des consultations sur l’état d’avancement des efforts conduits par les Africains en vue de rétablir la paix, la sécurité et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cette démarche intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette inertie diplomatique continue de favoriser la poursuite de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. En dépit de l’annonce, faite pour la deuxième fois par la rébellion de l’AFC/M23, de se retirer de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en préférant céder cette agglomération à la communauté internationale, ce mouvement rebelle et ses alliés sont loin d’abandonner leur volonté de poursuivre leurs conquêtes territoriales dans l’est de la République démocratique du Congo.

Faure Essozimna Gnassingbé a succédé à João Manuel Gonçalves Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions issues du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025.

Clément MUAMBA