Ituri : les FARDC annoncent avoir mis la main sur un bastion de munitions de la coalition CRP/Zaïre

FARDC
Opération FARDC-UPDF

En dépit des opérations menées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu contre la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent l’intensification de leurs opérations contre la coalition formée par la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga et le groupe armé Zaïre dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays.

Selon le porte-parole du gouvernement provincial, le lieutenant Jules Ngongo, ces opérations ont permis à l’armée loyaliste de mettre la main sur un bastion de munitions appartenant à cette coalition rebelle. D’après cette source militaire, cette prouesse est le résultat de la collaboration entre les Forces armées et la population locale. À l’heure actuelle, les FARDC estiment avoir porté un coup fatal à cette coalition en rendant obsolète une partie importante de sa logistique militaire.

" Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont terrifié l’ennemi en récupérant toute sa logistique, cette logistique comprenait des munitions de tout calibre, des bombes de RPG-7, des cassettes de munitions, des AK-47, des PKM ainsi que des Castors. Ces sites, autrefois des bastions du chef milice CRP ZAÏRE de Thomas Lubanga allié du M23 après leur débâcle à Mabanga, Nizi, Likida, ils avaient qu'un seul choix : cacher ces armes, ces munitions dans cet état-major. Dans notre mission régalienne, il y a une mission qui nous a été confiée par le commandant des opérations, le gouverneur militaire Johnny Luboya avec le soutien de notre population. Hier, les Forces armées ont découvert cette cache d'Armes à Jingo dans la chefferie de Mambisa territoire de Djugu, c'est un coup fatal que nous venons d'admnistrer à la CRP et leur logistique est obsolète ", a fait savoir le porte-parole du gouvernement provincial, le lieutenant Jules Ngongo, dans une communication faite jeudi 5 mars 2026. 

Après ces opérations, les FARDC ne comptent pas s’arrêter là, mais entendent poursuivre leurs efforts afin de parvenir au rétablissement total de la paix dans la province de l’Ituri, toujours placée sous état de siège. Une fois de plus, l’armée a invité la population à continuer à soutenir et à collaborer avec les Forces armées.

" Les Forces armées vont continuer à chercher partout où les armes et des munitions ont été cachées, c’est un haut fait d’armes. Le mérite revient au commandant suprême des forces armées, qui a mis les moyens conséquents pour que nous puissions arriver lentement mais sûrement à terrifier l’ennemi, détruire son appareil logistique et pacifier périmètre par périmètre la province de l’Ituri sous état de siège. Nous lançons un message à toute la population : continuer à collaborer avec les forces armées pour parvenir à ces résultats élogieux. Il y a deux semaines, nous avons montré que la province de l’Ituri avait permis de récupérer plus de 500 armes sur le champ de bataille. Aujourd’hui encore, les forces armées viennent de découvrir une nouvelle cache d’armes, confirmant qu’il ne s’agissait pas d’un site minier, mais bien d’un site de stockage de munitions ", a souligné le porte-parole du gouvernement provincial, le lieutenant Jules Ngongo. 

Depuis l'année dernière, la coalition entre la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga et le groupe armé Zaïre est à la base de l’intensification des violences dans le territoire de Djugu, en Ituri, ciblant à la fois les FARDC et les populations civiles. Ces affrontements réguliers entraînent des déplacements massifs de populations ainsi que de nombreuses pertes en vies humaines. C’est dans ce contexte que l’armée multiplie les opérations de traque afin de restaurer la sécurité et l’autorité de l’État.

La guerre et l’insécurité dans la province de l’Ituri sont perçues par certains acteurs de l’environnement sociopolitique congolais comme une crise oubliée ou moins médiatisée, alors qu’elle continue de coûter la vie à de nombreux civils. Cette situation rend également la crise humanitaire particulièrement préoccupante, marquée par un nombre élevé de populations déplacées et de victimes.

Depuis 2021, la province de l’Ituri demeure placée sous état de siège, avec une gestion administrative et la conduite des opérations sécuritaires assurées par les autorités militaires. Si certains estiment que cette mesure devrait être levée en raison de résultats jugés insuffisants, les autorités, de leur côté, affirment qu’elle a permis certaines avancées, tout en reconnaissant que le processus de pacification de la province reste encore en cours.

Clément MUAMBA