La Première ministre Judith Suminwa a exprimé la profonde préoccupation du gouvernement face à la recrudescence des accidents de circulation à Kinshasa ainsi qu’à l’intérieur du pays. Intervenant lors de la 68ᵉ réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a souligné que ces accidents ont entraîné un nombre élevé de décès ainsi que d’importants dégâts matériels.
"À Kinshasa, un accident s’est produit lundi 24 novembre 2025 sur la route de Matadi, près de l'arrêt Gramalic dans la commune de Ngaliema. Une dizaine de compatriotes ont perdu la vie, et des dégâts matériels importants ont été causés par un camion transportant des matériaux concassés destinés à un chantier public de voirie. Au nom du gouvernement, elle a déploré vivement cette situation et adressé ses condoléances les plus attristées aux familles touchées par ce drame", rapporte le compte rendu de la réunion tenue vendredi 28 novembre.
Afin de prévenir de tels accidents et sans préjuger des mesures que doivent prendre les services compétents, la première ministre, cheffe du gouvernement a invité le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, ainsi que celui des infrastructures à veiller, chacun en ce qui le concerne, à ce que tous les véhicules affectés au service public soient soumis à un contrôle technique obligatoire.
Face à la recrudescence de ces accidents, elle a précisé que le gouvernement réaffirme son engagement ferme en faveur de la sécurité routière. Il est impératif que chaque acteur respecte strictement les normes et obligations légales et prenne ses responsabilités pour prévenir de nouveaux drames.
"La vie des citoyens ne saurait être compromise par des négligences ou des manquements, et le gouvernement demeure déterminé à agir résolument pour assurer la sécurité de tous sur nos routes", a-t-elle soutenu lors de son intervention à la Cité de l'Union africaine.
Cette instruction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka intervient dans un contexte où les autorités de la ville de Kinshasa ont également lancé l’opération de contrôle technique obligatoire des véhicules. Selon elles, la mise en œuvre effective de ce contrôle vise à garantir la sécurité des usagers de la route en s’assurant du bon état de fonctionnement des véhicules, mais aussi à protéger l’environnement en limitant les émissions polluantes des engins non conformes.
Toujours d’après les responsables de la capitale, cette opération a également pour objectif d’assurer la conformité du parc automobile aux normes techniques nationales et internationales, ainsi que de contribuer à la prévention des accidents de circulation causés par des défaillances mécaniques.
Cependant, parallèlement à cette démarche, la réalité sur le terrain apparaît bien différente. Selon plusieurs observateurs, la recrudescence des accidents de circulation résulte d’une combinaison de facteurs, notamment le comportement des conducteurs (vitesse excessive, consommation d’alcool ou de stupéfiants, inattention) et l’état de la voirie (mauvais entretien, manque de signalisation, conditions météorologiques).
L’état dégradé des routes et ses nombreux problèmes constituent, selon plusieurs témoignages, un motif de découragement pour les chauffeurs et propriétaires de véhicules, qui hésitent à s’engager dans cette opération. Ils estiment que l’argent perçu ne fait qu’enrichir certains dirigeants sans être réellement affecté aux causes profondes ou aux besoins de la population.
Clément MUAMBA