RDC : des députés réclament une enquête parlementaire après les violences à Bukama

Bukama sur la carte
Bukama sur la carte

Des députés congolais ont réclamé l’ouverture d’une enquête parlementaire après les violences survenues dimanche à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, lors d’affrontements entre l’armée congolaise et des éléments armés, qui ont fait plusieurs morts et blessés, selon des sources concordantes contactées par ACTUALITE.CD.

Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire Ensemble demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les événements du 11 janvier 2026 à Bukama. Les députés évoquent des informations faisant état de morts, de blessés et d’arrestations, et soulignent la nécessité d’établir les responsabilités, en raison de versions divergentes émanant des autorités concernées.

Cette initiative intervient alors qu’une organisation de défense des droits humains, Justicia Asbl, a accusé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’un usage « abusif et disproportionné » de la force lors des incidents. Dans un communiqué parvenu mardi à Actualite.cd, l’ONG affirme que des civils non armés auraient été touchés lors d’échanges de tirs en zone publique et appelle l’auditeur supérieur près la Cour militaire du Katanga à ouvrir un dossier judiciaire à charge des auteurs présumés de violations des droits humains.

Selon Justicia Asbl, les faits se sont produits dans un secteur proche d’un marché, où des balles auraient atteint des « paisibles citoyens ». L’organisation recommande également l’ouverture d’une enquête indépendante, la prise en charge médicale des blessés hors de Bukama et l’organisation des obsèques dignes pour les victimes.

De leur côté, les FARDC ont indiqué dimanche qu’une de leurs unités déployées à Bukama avait été attaquée par des éléments d’un groupe armé identifié comme « Maï-Maï Zoulou ». Selon un communiqué de l’état-major général, signé par le lieutenant-colonel Mak Mongba Hazukay, porte-parole a.i. des FARDC, le bilan provisoire fait état de quatre assaillants neutralisés, de trois blessés du côté des attaquants et d’un militaire blessé dans les rangs de l’armée régulière.

« La situation a été rapidement maîtrisée par les forces loyalistes », affirme le communiqué, qui assure que toutes les dispositions ont été prises pour garantir la sécurité et permettre à la population de « vaquer librement à ses occupations ».

Des autorités locales ont confirmé que les échanges de tirs se sont déroulés en zone habitée. L’administrateur du territoire de Bukama a déclaré à Actualite.cd que des balles avaient atteint des civils lors des affrontements. Selon lui, un renfort d’environ 60 militaires, venus notamment de la base militaire de Kamina, aurait été pris pour cible par des éléments armés, les affrontements ayant duré environ une heure.

Les députés à l’origine de la demande d’enquête estiment que la gravité des faits rapportés justifie une investigation parlementaire afin de faire la lumière sur les circonstances exactes des violences et d’en déterminer les responsabilités.