Des jeunes déplacés de différents camps à Goma, encadrés par Uhuru Knowledge Center en partenariat avec la Monusco, ont présenté le 6 août dernier quelques œuvres d’art, réalisées après une semaine de formation. Ils ont extériorisé ce qu’ils traversent par la musique, des sketchs, des contes ou le dessin.
Un des déplacés, Blessing Kabunga, illustre dans son dessin, une fille violée par des hommes armés présents dans des camps des personnes déplacées.
« Je viens de Saké, je suis dans le camp depuis 6 mois maintenant. Mon dessin parle d’un grand problème qui arrive à nos mères et sœurs dans les camps. Je viens de dessiner une fille qui a été violée par un homme armé, elle était à la recherche de l’eau potable mais comme il n’y a pas d’eau ici, elle était obligée d’aller un peu loin pour avoir cette denrée et c’est là-bas que les hommes armés ont profité d’elle. J’ai été inspiré par tout ce que nous traversons ici, nous avons juste besoin de la paix pour rentrer chez nous », explique-t-il.

D’autres dessins ont été présentés dont un qui illustre la fermeture des routes par les rebelles du M23.
« Je viens d’illustrer notre calvaire. Depuis la prise de nos villages, même Goma n’arrive pas à être approvisionné par la nourriture en provenance du territoire de Masisi ou de Minova dans le Sud-Kivu. La marchandise passe par la voie maritime, vous voyez qu’il n’y a personne dans cette pirogue, c’est parce que même les gens qui empruntent cette voie sont morts par des bombes larguées par les rebelles, ils ne veulent pas voir ce trafic. Nous voulons une chose : la paix », laisse entendre Arphasade Kyamwami.
En RDC et particulièrement dans les zones touchées par la guerre, les communautés sont déjà fragilisées par les conditions de vie difficiles qu'elles traversent, le tribalisme, les manipulations tribales et politiques, les traumatismes liés à la guerre ainsi que la quête du pouvoir et de la terre. Ces communautés font face à des défis majeurs en termes de cohésion sociale, de bien-être mental et de perspectives d'avenir. Le projet “Ndoto Art Thérapie” de Uhuru Knowledge Center se présente comme une réponse innovante et holistique visant à restaurer l'espoir, à promouvoir la paix et à renforcer le tissu social au sein des camps de déplacés.
« Nous avions réalisé 7 jours d’ateliers avec ces jeunes déplacés dans différentes disciplines notamment le dessin et la peinture, la danse contemporaine et traditionnelle, le théâtre, le Slam et même le football, dans l’objectif, non seulement d’occuper ces jeunes et enfants, mais aussi de redonner l’espoir », a fait savoir Albert Sivamwanza, chargé de communication de Uhuru Knowledge Center.

Un tournoi de football a également été organisé, les équipes étaient constituées des déplacés, filles et garçons de différents camps. Des athlètes mais qui étaient sans activité sportive depuis qu’ils ont fuit la guerre du M23 en territoire de Masisi.
Yvonne Kapinga