Les États-Unis ont annoncé un financement humanitaire supplémentaire de 1,8 milliard de dollars en faveur des fonds communs par pays de l’OCHA ainsi que de ses activités prioritaires d’assistance humanitaire. Washington justifie ce nouveau décaissement en s’appuyant sur l’immense succès de l’accord-cadre historique de " réinitialisation humanitaire " signé en décembre 2025 entre l’administration Trump, les États-Unis et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).
D’après le communiqué du département d’État américain rendu public jeudi 14 mai, cette nouvelle contribution porte le soutien total des États-Unis aux programmes de réforme, de consolidation et d’assistance vitale de l’OCHA à 3,8 milliards de dollars, répartis dans 21 pays clés. Cette décision fait suite à la signature, le 29 décembre 2025 à Genève, en Suisse, du premier accord de réinitialisation humanitaire entre les États-Unis et l’OCHA, assorti d’un engagement initial américain de 2 milliards de dollars en faveur de 18 fonds communs destinés au soutien des pays et des situations de crise.
Depuis lors, les États-Unis et l’OCHA travaillent activement à la mise en œuvre de cet accord. Ils ont notamment acheminé une aide essentielle sur le terrain dans des délais records, appliqué de nouvelles mesures rigoureuses de contrôle et de responsabilisation, mobilisé le soutien des principaux donateurs humanitaires et démontré l’efficacité d’un modèle d’assistance humanitaire plus rapide, plus responsable, plus efficient, axé sur les résultats, piloté localement et hyper-priorisé.
Selon Washington, quatre mois plus tard, la contribution initiale des États-Unis, d’un montant de 2 milliards de dollars, aux fonds communs d’intervention rapide gérés par l’OCHA a connu un succès retentissant. Elle a permis de fournir une aide vitale à 21,1 millions de personnes de manière plus rapide et plus efficace, tout en accordant une attention accrue aux populations confrontées aux besoins humanitaires les plus urgents, le tout en moins de quatre mois.
" Nous sommes fiers que, sous la direction du Président Donald Trump, les États-Unis demeurent le premier donateur humanitaire au monde, avec l'annonce aujourd'hui d'une aide supplémentaire de 1,8 milliard de dollars à @UNOCHA ( Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour une assistance humanitaire vitale. Nous coopérons étroitement avec OCHA au Soudan et dans d'autres zones de conflit, en partenariat avec les efforts humanitaires, et appelons à une ONU plus efficace et responsable. Les États-Unis continuent de promouvoir la cause de la paix dans le monde entier, main dans la main avec OCHA, un partenaire essentiel dans nos efforts pour sauver des vies, de la RDC au Moyen-Orient et au-delà ", a réagi sur X à cette annonce Massad Fares Boulos, conseiller Afrique au département d'Etat américain.
De son côté, Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (OCHA), a salué ce nouvel appui des États-Unis d’Amérique. Il a assuré que ces fonds supplémentaires, dans un contexte de baisse des financements internationaux, contribueront à sauver des vies à travers le monde.
" Je me joins aux remerciements du Secrétaire général pour l’engagement supplémentaire des États-Unis à hauteur de 1,8 milliard de dollars en faveur de la communauté humanitaire. Alors que les besoins augmentent et que les financements diminuent, ce soutien contribuera à sauver des millions de vies. L'annonce, en décembre, d'un financement américain de 2 milliards de dollars est intervenue à un moment critique, alors que les opérations humanitaires menées dans le cadre de multiples crises étaient menacées d'arrêt. Ce financement a permis de stabiliser un système soumis à une pression extrême et a renforcé l'orientation de la réinitialisation humanitaire vers une priorisation plus précise, une plus grande efficacité, des coordinateurs humanitaires plus autonomes et une responsabilisation accrue ", a déclaré Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (OCHA)
Ce montant, qui sera versé aux fonds humanitaires pilotés par le bureau de Tom Fletcher (OCHA), doit permettre de soutenir des opérations vitales dans une vingtaine de pays, avec pour objectif de sauver des millions de vies en 2026. Parmi ces pays figure la République démocratique du Congo, confrontée à l’activisme de groupes armés locaux et étrangers, ainsi qu’à la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Cette situation, qui fragilise davantage le contexte sécuritaire et humanitaire, affecte particulièrement les hommes, les femmes et les enfants, considérés comme les premières victimes de cette instabilité.
Face à un déficit critique de financement, la communauté humanitaire en République démocratique du Congo est contrainte de prioriser strictement sa réponse en 2026. C’est dans ce contexte que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la communauté humanitaire ont lancé, mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel urgent de 1,4 milliard USD afin de répondre aux besoins humanitaires dans le pays en 2026.
Selon les deux parties, ces ressources sont indispensables pour venir en aide à des millions de Congolaises et de Congolais pris au piège de l’une des crises humanitaires les plus prolongées et les plus négligées à travers le monde. À défaut de financements suffisants, la réponse humanitaire en 2026 sera recentrée sur 7,3 millions de personnes, parmi près de 15 millions ayant des besoins vitaux en assistance et en protection.
Le plan humanitaire des Nations unies pour 2026 vise 87 millions de personnes et nécessite 23 milliards de dollars. En décembre dernier, les États-Unis avaient promis d’allouer, cette année, deux milliards de dollars aux fonds d’aide gérés par l’ONU, une contribution qualifiée d’« historique » par le chef de l’humanitaire de l’organisation, Tom Fletcher, dans un contexte de besoins vertigineux et de raréfaction des financements. Toutefois, au-delà des montants annoncés, Washington entend désormais impulser une refonte du modèle humanitaire international.
Clément MUAMBA