61e Biennale de Venise : la RDC signe une entrée remarquée avec le pavillon national « Simba Moto »

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La RDC à la Biennale de Venise

La République Démocratique du Congo participe pour la première fois de son histoire à la 61e édition de la Biennale de Venise, l’un des événements les plus prestigieux de l’art contemporain mondial, avec un pavillon national intitulé "Simba Moto ! Seize the Fire ! Saisis le feu !" Présentée du 9 mai au 22 novembre 2026 à l’Antico Refettorio de la Scuola Grande di San Marco, l’exposition marque une étape importante dans la stratégie de rayonnement culturel international de la RDC.

Le pavillon congolais est porté par le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, en partenariat avec la Fondation Damso, dans le cadre d’une collaboration public-privé. L’initiative vise à renforcer la visibilité culturelle de la RDC sur la scène internationale et consolider son influence dans le champ du soft power. La Biennale de Venise représente, à cet égard, une opportunité stratégique pour mettre en lumière la richesse et la diversité de la création artistique congolaise, tout en contribuant à améliorer l’image du pays à l’étranger.

Le commissariat du pavillon est assuré par Cindy Makiana, tandis que la direction curatoriale est confiée à la philosophe et universitaire Nadia Yala Kisukidi. Ensemble, elles ont conçu une exposition réunissant neuf artistes congolais vivant au pays ou à l’étranger, parmi lesquels : Sammy Baloji, Arlette Bashizi, Patrick Bongoy, Damso, Gosette Lubondo, Nelson Makengo, Aimé Mpané, Léonard Pongo et Géraldine Tobé.

Le feu comme symbole de transformation

Photographie, sculpture, peinture, installation et vidéo ; à travers différentes œuvres, "Simba Moto !" explore la symbolique du feu comme élément de transformation, de mémoire et de renaissance.

Le projet curatorial puise notamment dans les cosmologies et traditions culturelles Luba, Songye, Kuba et Kongo, afin de proposer une lecture contemporaine du Congo à travers ses héritages spirituels, sociaux et artistiques.

Le feu est alors envisagé, ici, à la fois comme une force créatrice, une énergie de résistance et un vecteur de transmission. Cette approche permet aux artistes d’interroger les questions liées à l’identité, à la mémoire collective, à l’environnement, aux violences historiques ou encore aux imaginaires futurs du continent africain.

Le pavillon Congolais n’a pas laissé personne indifférent. Quelques jours après son ouverture, il a bénéficié d’une visibilité importante dans la presse spécialisée internationale. Le média britannique The Art Newspaper, considéré comme l’une des principales références du secteur de l’art contemporain, a classé "Simba Moto !" parmi les pavillons les plus remarqués de cette 61e Biennale, aux côtés notamment de ceux du Brésil, du Japon, de la France et de la Corée.

Le journal met particulièrement en avant deux propositions artistiques : les œuvres de Géraldine Tobé, réalisées à partir de fumée de lampe à pétrole, ainsi que les créations en verre soufflé du rappeur et artiste Damso, contenant du sable volcanique.

Cette reconnaissance médiatique s’avère importante pour la scène artistique congolaise, encore peu représentée dans les grandes manifestations internationales malgré son dynamisme et son influence croissante.

« La République démocratique du Congo ne vient pas seulement exposer, elle vient prendre part. Pleinement. Et dans la durée », a déclaré la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, devant les invités et représentants du monde culturel international, lors du vernissage organisé le 7 mai à Venise, en Italie. 

La Biennale de Venise est l'une des manifestations artistiques les plus prestigieuses et anciennes au monde qui se passe dans la ville de Venise en Italie. Fondée en 1895, elle couvre plusieurs champs artistiques comme l’art contemporain, l’architecture, le cinéma, le théâtre, la danse et la musique.

James Mutuba