André Mbata défend depuis plusieurs semaines l’idée d’une réforme profonde de la Constitution du 18 février 2006 en République démocratique du Congo. Lors de ses interventions publiques à Lubumbashi, il a soutenu que le texte actuel est devenu inadapté aux réalités structurelles du pays, estimant qu’il résulte davantage d’un compromis politique hérité de l’après-guerre que d’une véritable expression de la souveraineté populaire. Selon lui, plusieurs dispositions constitutionnelles freinent aujourd’hui le fonctionnement des provinces, la gouvernance territoriale et les perspectives de développement économique.
Pour donner une portée concrète à cette réflexion, l’Union Sacrée de la Nation a lancé un appel aux contributions de la société civile, des juristes et des acteurs politiques afin de recueillir des propositions de réforme. André Mbata, agissant comme secrétaire permanent de la plateforme présidentielle, avait fixé une échéance pour le dépôt des mémorandums dans l’objectif de centraliser les revendications et préparer une éventuelle commission de synthèse destinée à soumettre un plan global de réforme au président Félix Tshisekedi.
Cette initiative a toutefois provoqué une vive réaction de l’opposition, qui y voit une tentative déguisée de modifier l’article 220 de la Constitution, lequel limite le nombre de mandats présidentiels. Accusé de préparer le terrain à un éventuel troisième mandat pour le chef de l’État, André Mbata a rapidement recadré son discours. Il a affirmé que sa démarche avait été « mal interprétée » et qu’il ne s’agissait pas d’un lancement officiel du processus de révision constitutionnelle, mais simplement d’un cadre technique de transmission des propositions citoyennes au président de la République.
Tout en maintenant l’idée qu’une réforme institutionnelle demeure nécessaire pour moderniser l’État congolais, André Mbata cherche désormais à dissocier le débat constitutionnel des ambitions directes du pouvoir.