Haut-Katanga : l'archevêque de Lubumbashi appelle à la cessation des activités minières au lycée Lubusha

Lycée Lubusha
Illustration. Lycée Lubusha de Luisha/Ph. droits tiers

Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu, archevêque métropolitain de Lubumbashi, a appelé, lundi 29 août, à la cessation des activités minières dans la concession du lycée Lubusha de Luisha, situé à près de 80 kilomètres de la ville de Lubumbashi. Celui-ci a, lors d'une descente sur place, invité les fidèles catholiques à la résistance pour protéger ce qu'il a qualifié de patrimoine.

« Vous, les fidèles d'ici, vous devez protéger ce patrimoine. C'est pourquoi il faut qu'il ait des jeunes avec vous. Nous sommes actuellement dans un combat de résistance et ce combat aura plusieurs étapes. Nous viendrons d'ailleurs ouvrir l'année pastorale ici avec les fidèles de Lubumbashi, Likasi et d'autres contrées du Haut-Katanga. Et si c'est nécessaire, nous viendrons tous faire le sit-in jusqu'à ce que les activités minières s'arrêtent, qu'on leur donne un autre endroit, qu'on laisse nos enfants étudier normalement », a-t-il dit dans un entretien avec les fidèles catholiques de Lubusha.

Quant au délai de cessation des activités minières à Lubusha, Mgr Fulgence Muteba Mugalu a précisé qu'elles devraient s'arrêter automatiquement et permettre aux élèves d'étudier normalement.

« Pour protéger nos enfants qui étudient dans ce lycée, que ça soit ceux de l'école primaire ou de l'école secondaire, c'est maintenant qu'on doit les protéger. Et donc les activités minières doivent cesser immédiatement et que le gouvernement prenne ses responsabilités, puisque c'est lui le propriétaire de tout, il peut aller donner ailleurs, mais un patrimoine comme celui-ci, le sacrifier et le détruire, c'est non seulement un péché capital, mais aussi cracher sur l'histoire. C'est une façon de se moquer de toute une mémoire que nous sommes appelés à protéger », a-t-il expliqué.

Au sujet de l'implication de l'archidiocèse dans cette vente d'une partie de la concession du lycée Lubusha, Mgr Fulgence Muteba parle de quelques égarés parmi les prélats catholiques et refuse d'accepter que ce lycée a été vendu par l'archidiocèse.

« Les gens racontent n'importe quoi. L'archidiocèse de Lubumbashi n'a pas de marché, ni de compte ni de patrimoine. Il y a eu des prêtres qui se sont égarés comme on en a dans nos familles, mais jamais le lycée Lubusha n'a été vendu à qui que ce soit. Même s'il était question de vente, qu'on nous dise d'abord à quel prix ? Ce qui se trouve dans ce lycée représente des milliards de dollars américains. Il n'a jamais été question de vendre le lycée Lubusha », a-t-il ajouté.

Plusieurs notables de la région du Katanga n'ont pas cessé d'appeler à la protection du lycée Lubusha. C'est le cas de Moïse Katumbi Chapwe.

« J'en appelle aux autorités afin qu'elles se ressaisissent en faisant preuve de responsabilité en interdisant la démolition du lycée. Je veux leur rappeler que les richesses enfouies dans notre pays ne valent rien au génie qui sommeille dans chaque enfant du Congo », alerte-t-il sur sa page Twitter.

Situé à près de 80 kilomètres de la ville de Lubumbashi, le lycée Lubusha fait l'objet de la vente d'une partie de sa concession. Cette partie du dit lycée catholique est vendue à une entreprise minière chinoise au nom de "Excellent Mineral" au prix de 1,9 million de dollars américains, selon plusieurs organisations de la société civile.

Contexte

Le lycée Lubusha est une grande école pour les filles. Il a été construit vers 1965 en moellons et décoré de malachites. Cet établissement d’enseignement est l’une des écoles prestigieuses des filles dans la région. Située précisément à Luisha, à 80 kilomètres de la ville de Lubumbashi, cette école a le malheur d’avoir été construite sur un filon de cuivre.

José MUKENDI, à Lubumbashi