RDC : Denis Mukwege dit subir des menaces après avoir dénoncé le massacre de Kipupu
Dr Denis Mukwege/Ph droits tiers

Le 26 juillet dernier, le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege écrivait : « Ce sont les mêmes qui continuent à nous tuer. Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996. »

Ce tweet intervenait 10 jours après l’attaque des miliciens contre les civils dans la localité de Kipupu (territoire de Mwenga) au Sud-Kivu. Dr Mukwege affirme avoir « reçu diverses correspondances haineuses et des membres de ma famille ont été intimidés et menacés. » à la suite de cette dénonciation. 

« Aucune malversation intellectuelle, aucune menace, aucune utilisation de la peur, ne m’empêchera de m’exprimer sur la réalité des atrocités que vivent les populations de mon pays et dont je soigne les séquelles tous les jours dans mon hôpital à Bukavu. », a-t-il écrit ce vendredi dans une déclaration intitulée « Appel à la paix. » 

Après plus de deux semaines de silence, les autorités du Sud-Kivu ont réussi avec le soutien de la Monusco, à diligenter une mission à Kipupu jeudi pour faire un état de lieu et donner le bilan définitif de l’attaque sanglante qui défraie chronique. Au total 15 personnes ont été tuées et plus de 200 portées disparues jusqu’à ce jour.

Le Prix Nobel de la Paix a soutenu la nécessité de déterrer le rapport mapping élaboré par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme. Ce rapport revient sur les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC) entre mars 1993 et juin 2003. Ce document avait alors dressé un inventaire de 617 crimes de guerre et crimes d'humanité. Si ces crimes sont portés devant une juridiction compétente, certaines des atrocités documentées dans le rapport Mapping pourraient être constitutives du crime de génocide.

« Il semble que préconiser la création d’une juridiction spéciale pour juger les crimes au Congo fasse peur à certaines personnes qui déversent leur haine sur les réseaux sociaux en opposant les uns aux autres, souvent sur la base de mensonges. La réconciliation entre les peuples et l’instauration de réparations pour les victimes ne peuvent se faire sans que nous recherchions, sans relâche, la vérité. », a-t-il lancé dans son message.

Jeudi, Mukwege a reçu une délégation de la communauté Banyamulenge dans le cadre de la recherche des solutions aux conflits et multiples tensions sont toujours vives dans les hauts, moyens plateaux d’Uvira, Minembwe et Itombwe où des groupes armés ont des soutiens communautaires.

Patrick Maki

 

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