Quatre chefs coutumiers, tous du même secteur dans le territoire de Djugu en province de l'Ituri, ont été suspendus de leur fonction depuis le début de cette semaine.
La décision a été prise par l'administrateur de ce territoire, Alingi Akuba, qui indique que ces chefs sont soupçonnés d'être complice des miliciens de "codeco" dans leurs entités respectives.
"Nous avons été obligés de prendre cette décision, parce que nous avons pris du temps pour sensibiliser nos collaborateurs locaux pour nous tenir informés de tout qui se passe dans leurs juridictions respectives. On ne peut pas comprendre que dans une entité qu'il y ait des personnes bien identifiées et localisées qui partent tuer, piller et incendier des maisons ailleurs et retournent dans votre entité calmement. Il y a même d'autres chefs qui se partagent les butins avec les assaillants. C'est ce qui témoigne leurs complicités sur le terrain. Nous avons suspendu les chefs du groupement Pitso, Gopka, Tsili, Petsi tous dans le secteur de Walendu Datsi. Mais retenez que c'est juste une première vague donc la série continue.
A la question de savoir s'ils seront remis entre les mains de la justice, tu auras la réponse au moment opportun, nous avons commencé d'abord par la suspension dont la durée est conformément à l'administration", a indiqué Alingi Akuba.
Ce dernier appelle les communautés à une cohabitation pacifique pour le retour de la paix à Djugu.
" Nous lançons un message de paix dans notre population de Djugu, nous avons prôné la cohabitation pacifique entre les communautés et nous privilégions aussi le dialogue condition sinequanone.
Le souhait est que Djugu puisse recouvrer la paix et rien que la paix. Nous devons dénoncer tout cas suspect. Les chefs de secteur, chefferie, village doivent nous fournir les informations en temps réel pour qu'on puisse les remonter à la hiérarchie en vue de trouver des solutions palliatives rapidement", a-t-il dit.
Les miliciens de codeco ont multiplié les attaques dans les territoires de Djugu, Mahagi et une partie d'Irumu ces dernières semaines.
Le 10 Avril dernier, 22 personnes ont été tuées dans deux attaques simultanées menées par ces miliciens dans les villages Ndoki-koli et Dzathi à Djugu.
Pour sa part, le HCR affirme avoir dénombré plus de 2000 familles de déplacés de Djugu depuis début Avril.
Franck Asante, à Bunia.