Haut-Katanga : Construite en 1930, la centrale de Mwandigusha passera de 71 à 78,3 MW après sa réhabilitation cette année 

Photo ACTUALITE.CD.

Mise à l’arrêt en 2015 suite à des pannes à répétition, la centrale hydroélectrique Mwadingusha, située dans le territoire de Kambove, à 75 km de Likasi, dans la province du Haut-Katanga, connaît maintenant les travaux de remplacement de ses machines, lesquels s’accélèrent et devraient prendre fin cette année. 6 machines neuves sont en cours d’installation dans cette centrale qui est la plus vieille de la République Démocratique du Congo (RDC).

Construite en 1930 sur la rivière Lufira avec une puissance de 71 mégawatts, elle va s'accroître à 78.3 mégawatts à la fin des travaux conduits par l’entreprise Suisse Andritz, pour la partie mécanique et la société Cegelec, pour la partie électrique.

« Habituellement tous les dix ans, on fait le renouvellement des machines hydroélectrique mais ici l’âge est très avancé puisque la première machine a été mise en service en 1930. Au lieu de faire une réhabilitation simple on a préféré faire un renouvellement, c’est-à-dire toutes les parties mécaniques et électriques ont atteint un âge où si on continue à les réhabiliter ça va coûter très cher à l’entreprise. Alors on démantèle carrément toute la machine à partir de la turbine jusqu’à l’alternateur », a déclaré Christophe Tshilombo, chef de division des centrales de Mwadingusha et Koni.

Toujours dans le cadre de ce projet, un nouveau poste haute tension moderne avec un contrôle informatisé (SCADA) a été construit. Ce poste prendra également en charge l’énergie provenant de la centrale de Koni, construite sur la même rivière.

« C’est une innovation que la SNEL a créé en construisant ce nouveau poste qui fonctionne de la même manière que celui qui est en air libre mais ici on est isolé en gaz F6. La facilité est que comme tout est isolé et installé dans le blindage, l’opérateur qui est ici n’a pas des démarches à faire, il n’a que des boutons à appuyer. A l’époque vous savez quand vous fermez un sectionnaire il faut aller voir si c’est bien fermé. Le grand problème c’est la maintenance mais ici vous avez un système qui est étroit et vous pouvez fonctionner et surtout il n’y a pas d’intempéries ici, vous pouvez travailler n’importe quand, ce n’est pas le cas pour l’ancien poste où quand il pleut, vous ne pouvez pas travailler, l’opérateur ne peut pas aller faire sa ronde pour relever les paramètres », souligne Jean Claude Liyanza chef de la centrale hydroélectrique de Mwadingusha.

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Ces travaux devront s’étendre dans deux autres centrales du Grand Katanga.

« Ce n’est que la première étape. Le projet dans son titre est intitulé réhabilitation des centrales de Mwadingusha, Koni Nzilo, et réseaux associés. Parallèlement il y a des travaux qui s’étalent déjà au niveau du réseau. On a commencé à Mwadingusha et je crois jusqu’en 2020 et puis on va évoluer avec Koni parce que les études sont déjà faites, il reste seulement à mettre les moyens pour faire avancer les travaux. A Nzilo on est en train déjà de faire les études pour le contrôle des ouvrages notamment le barrage et puis de l’autre côté des réseaux associées il y a déjà un nouveau poste qui est en vue qu’on va bientôt construire. Les offres sont là, c’est en cours d’évaluation et bientôt ça va se réaliser. La centrale de Koni produit 42 Mégawatts mais pour raison de sécurité, parce que c’est une centrale qui a vieilli, nous essayons de l’exploiter d’une manière ordonnée en réduisant un peu la charge. Pour le moment on est à 37 Mégawatts pour protéger la centrale par rapport aux effets mécaniques et thermiques »,  a ajouté M. Liyanza.

Les 4 provinces du Grand Katanga sont alimentées par 4 centrales interconnectées, Mwadingusha et Koni installés sur la rivière Lufira et Nzilo et Nseke construites sur la rivière Lualaba plus l’injection d’Inga et de l’Afrique Australe pour une puissance globale de plus de 400 MVA.

Fonseca Mansianga, de retour de la cité de Mwadingusha