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Les élèves finalistes le jour du début de la session hors-session de l'Examen d'Etat au centre Institut Monseigneur Lubaki au Kongo Central.

Le gouvernement provincial de Kinshasa a institué, depuis quelques années, les « frais de scolarité » que les élèves payent durant l’année scolaire dans le cadre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP). Il s’agit des frais supplémentaires fixés par les établissements scolaires en dehors du minerval. Ils varient selon les filières. Mais certains parents s’alarment de débourser des montants allant jusqu’à 80 000 FC, en plus du minerval.

Les « frais Kimbuta », comme l’appellent les parents à Kinshasa, en référence à l’ancien gouverneur de la ville qui les a institués, sont exigés aux cycles primaire, secondaire et dans les écoles techniques. Certains parents interrogés par ACTUALITE.CD plaident pour la suppression desdits frais.

« Nous demandons au chef de l'Etat de revoir ça pour nous. Nous serons très ravis d'entendre que les parents doivent payer moins ou quasiment pas ces frais », lance une mère dont sa fille a été chassée de l’école pour n'avoir pas encore payé ces frais.

« Nous, parents, payons doublement les frais pour un enfant, nous ne sommes pas riches qu'eux (Ndlr : les autorités). Le nouveau gouverneur devrait pallier à cette situation. Qu'il se souvienne de nous pauvres parents », se plaint un père de famille.

Selon Marcel Nyongo, président de l'intersyndical de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP), il s’agit des frais de fonctionnement des écoles.

« Ce sont des frais qui ont été fixés par le gouverneur de la ville, c'est pour le fonctionnement des écoles. Donc chaque enfant est tenu de les payer au début de l'année scolaire. Ces frais sont abusivement appelés "frais Kimbuta". Pour le primaire, c'est 12 000 FC par an, au secondaire général c'est 18 000 FC et dans les écoles techniques c'est 25 000 FC par an. Si l'enfant ne paie pas ces frais il est chassé de l'école », explique le président de l'intersyndical de l’EPSP.

Mais, selon les parents approchés, pour l’enseignement primaire et maternel, ces frais s’élèvent à 20 200 FC, 53 800 FC pour les élèves de la filière technique, sociale, arts et métiers assimilés ainsi que la commerciale. Pour la filière technique et agricole, ces frais sont fixés à 64 800 FC et, enfin, à l’Enseignement Technique Industriel et Professionnel (ETIP), il faut débourser 80 800 FC.

« Non, il y a ceci : à part ces frais, il y a des frais fixés de connivence entre le comité des parents et l'école qu'on appelle les frais de motivation des enseignants. A part les frais légaux, c'est peut-être ça qui fait augmenter ces frais-là. C’est trop mais les parents sont obligés de se convenir avec l'école pour motiver les enseignants. C'est pourquoi dans certaines écoles ces frais vont même jusqu'à 400 $ », a conclu Marcel Nyongo, président de l’intersyndical de l’EPSP.

En ce moment-ci, certaines écoles de Kinshasa refoulent les élèves qui n'ont pas encore payé les frais de scolarité.

Khetty Makanzu