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RDC : Un an après, HRW réclame justice pour une trentaine de victimes de l'opération Likofi IV

Lundi 6 mai 2019 - 00:19
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Photos des victimes / DR

L'ONG américaine de défense des droits de l'homme, Human Rigths Watch (HRW), a appelé le président Félix Tshisekedi, à « agir afin de rendre justice » aux membres des familles des victimes de l’opération policière Likofi IV ["Coup de poing" en lingala] , ayant visé des membres de gangs, communément appelés « kulunas ».

Il y a un an, dans la nuit du 3 au 4 mai 2018, la police de Kinshasa, « a traîné, hors de leurs maisons, quatre membres présumés de gangs, appelés kulunas, et les a tués par balles », affirme l'ONG.

Entre mai et septembre, « les forces de sécurité ont exécuté sommairement au moins 27 jeunes hommes et garçons et en ont fait disparaître de force 7 autres, à Kinshasa. Des agents de police, souvent habillés en civil, se sont présentés la nuit à leur domicile ou dans d’autres lieux. Dans de nombreux cas, la police a ligoté les victimes et leur a bandé les yeux, les a conduites vers des lieux non identifiés et les a tuées. Souvent la police a abandonné les corps des victimes près de leur maison, tôt le lendemain matin. La plupart des victimes ont été étranglées - dans une stratégie apparente des autorités visant à détourner l’attention de la police », explique-t-elle.

L’opération Likofi IV "n’était que le dernier épisode d’une stratégie sécuritaire illégale et inefficace visant à s’occuper des gangs sous le président de l’époque, Joseph Kabila", d'après HRW , reconnaissant tout de même que les kulunas sont  responsables de "crimes graves"  dans la capitale Kinshasa, y compris de vols à main armée et d’agressions violentes.

"Le nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi, a promis que son gouvernement aurait pour priorité de faire rendre des comptes aux responsables qui commettent des abus. Il devrait agir afin de rendre justice aux membres des familles des victimes de l’opération", a déclaré Lewis Mudge, directeur de HRW en Afrique Centrale.

Une opération de traque similaire avait été conduite entre novembre 2013 et février 2014, à Kinshasa.  

Au moins 41 personnes ont été tuées (ou ont disparu) dans cette opération de police "Likofi", selon un rapport de l'ONU publié en octobre 2014.

Réagissant à ce rapport, le gouvernement congolais avait d'abord expulsé le chef du Bureau de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC (BCNDUH), Scott Campbell, et dénoncé un "lynchage" dans les médias internationaux.

Via le ministre de l'Intérieur [Evariste Boshab, à l'époque], la RDC avait toutefois reconnu que Likofi était "émaillée de quelques accrochages".

Géante africaine dont nul ne parvient à dénombrer sa population (70 à 90 millions), la RDC fait face à une violence et une criminalité urbaine grandissantes - en mutation continue dans un contexte de crise politique et d'activisme d'une centaine de groupes armés en milieux ruraux dans l'Est du pays.

Christine Tshibuyi

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